mardi 21 avril 2015

BD : Un océan d'amour de Lupano et Panaccione

Lupano - Panaccione  -Un ocean d'amour  - BD - avis

Pour la troisième année consécutive, je participe à l'opération "La BD fait son festival" lancée par Price Minister. Après ma déception de l'année dernière, j'ai pris cette fois-ci un peu plus de temps faire mon choix. J'ai été très vite attirée par Un océan d'amour et sa bigoudène en couverture. Une BD dont l'histoire se passe en Bretagne était forcément faite pour moi !

La lecture de la quatrième de couverture est pleine de promesses : 

" Ce livre ne contient que des idées pêchées au grand large par Wilfrid Lupano, selon des techniques artisanales respectueuses de l'environnement culturel, et des mises en boîte à la sardinerie graphique Panaccione, Milan, Italie (Union européénne).

Ingrédients  : océan (eau, sel, détritus), amour (eau de rose, baisers, mariage), sardines, mouettes, crêpes, homard, Bigoudènes endeuillées, sauce (aventure, suspense, second degré, drame sentimental, rebondissements absurdes, gags désopilants), Che Guevara (0,5%), arôme artificiel de Vierge Marie.

Garanti sans dauphins, sans textes ni onomatopées.
Peut contenir des traces de pictogrammes. 

A consommer de préférence avant que l'océan ne fasse plus rêver.

Valeurs nutritionnelles pour 100 grammes 
Valeur énergétique : plein
Protéines (naufrages, tempêtes, action, poésie, voyages).....................65 g
Glucides (paysages sublimes, mélodrame sirupeux)............................35 g
Lipides (humour gras, moralisme)..........................................................0 g "

Lupano - Panaccione  -Un ocean d'amour  - BD - avis

Vous l'aurez compris, Un océan d'amour est une BD muette.  J'avoue avoir hésité un peu en sachant ça mais ce livre est vraiment une très belle surprise. Parce que finalement, moi qui ai tendance à lire les BD et les livres en général très trop vite, j'ai cette fois-ci pris le temps de m'attarder sur chacune des cases pour me concentrer sur le dessin. 

Pour résumer un peu l'histoire de ce livre ( même si la 4ème de couverture le fait très bien ) : Un pêcheur part tôt le matin pour sa journée de pêche mais est percuté au large par un énorme cargo. Sa femme, la jolie bigoudène de la couverture, ne le voyant pas revenir va décider de partir à sa recherche. Un océan d'amour, c'est donc les péripéties d'un homme pour rentrer chez lui et celles de sa bigoudène de femme qui ne va pas hésiter à partir loin de sa Bretagne pour retrouver son mari.

Lupano - Panaccione  -Un ocean d'amour  - BD - avis

Les dessins retranscrivent avec finesse les aventures des deux époux. On suit avec émotion le long voyage en mer du petit pêcheur aux lunettes beaucoup trop grandes pour lui, on rit des réactions spontanées de sa caractérielle épouse et du loufoque de certaines situations.

Un océan d'amour, c'est donc une BD émouvante, drôle, loufoque et pleine d'amour qu'on prend le temps de déguster. Je vous la recommande vivement !

Lupano - Panaccione  -Un ocean d'amour  - BD - avis


Et puisqu'il faut mettre un note, j'attribue à cette BD un 18/20 amplement mérité. 

Merci à Price Minister pour l'envoi du livre.


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mercredi 22 janvier 2014

Aya de Yopougon



Aujourd'hui, je vous emmène en Afrique et plus précisément en Côte D'Ivoire, à la rencontre de Aya de Yopougon. Cette BD, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, nous plonge dans l'Abidjan des années 70, au cœur du quartier de Yopougon, baptisé "Yop City" par ses habitants "pour faire comme dans un film américain". 

Dans cette série de BD (il y a 6 tomes), on suit les aventures d'Aya, jeune fille de Yopougon, de ses deux copines, Adjoua et la "grande gazeuse" Bintou. Mais il y a aussi Ignace et Fanta, ses parents,  Hervé, l'amoureux transi de Félicité et Moussa, fils de Bonaventure Sissoko, le patron d'Ignace... vous me suivez toujours ?


De tome en tome, on s'attache à tous ces personnages hauts en couleurs et surtout, on rit beaucoup ! Car lire Aya de Yopougon, c'est plonger dans une Afrique colorée, attachante, avec ses rebondissements et ses questionnements du quotidien : des disputes, de la drague mais de l'amour aussi, des rêves de gloire ou d'ailleurs, du travail.  Aya de Yopougon, c'est aussi une succession d'expressions drôles et imagées. Je ne résiste pas à l'envie de vous en donner quelques unes, piochées ça et là, au fil des tomes :

"Si pressée que soit la mouche, elle attend que l'excrément soit sorti"
"T'es belle comme un cacao qui sèche au soleil"
"les oreilles ont beau pousser, elles ne dépasseront jamais la tête"
"C'est comme chercher une machette dans une champ de manioc"
"C'est au pied du mur qu'on voit le vrai maçon"
"les boutons qui sont entre les fesses de ton voisin ne doivent pas te déranger"
"retenir ses excréments dans le ventre n'est pas un remède contre la faim"
"On est en France, quand y'a foudre là, chacun attrape sa tête"
"un bout de bois, même resté longtemps dans l'eau, ne sera jamais un caïman"
"Rita est une go cube maggi, elle est dans toutes les sauces" 
"ce n'est pas la couleur qui fait le lait de coco"
"le taureau coléreux ne monte pas la vache en chaleur"
"si on imite l'âne pour péter, notre derrière se déchire"

Je vous laisse méditer à leur signification ;)


Vous l'aurez compris, Aya de Yopougon est une BD drôle et légère à laquelle on devient vite accro. Marguerite Abouet réussit à nous transporter dans l’Abidjan  de sa jeunesse tout en finesse et avec beaucoup d'humour. L'histoire est parfaitement illustrée par le coup de crayon de Clément Oubrerie. (qui avait aussi dessiné la série Pablo).


A la fin de chaque album, il y a aussi l'irrésistible "bonus ivoirien" avec un lexique, des recettes, de petites histoires ou même la meilleure façon de marcher pour mettre tous les hommes à ses pieds...


Mais je ne vais pas tout vous raconter, je ne peux que vous conseiller de découvrir la vie trépidante du quartier de Yopougon !

Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Gallimard, 2005-2010


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vendredi 19 avril 2013

Pyongyang de Guy Delisle

A l'heure où Pyongyang fait les titres de l'actualité, je termine tout juste la lecture du roman graphique de Guy Delisle.

Guy Delisle - Pyongyang
J'ai découvert Guy Delisle en 2011 avec ses Chroniques de Jérusalem que j'avais littéralement dévorées. J'ai ensuite enchainé avec les Chroniques birmanes et Shenzhen que j'ai beaucoup aimés aussi. Il me restait donc à lire Pyongyang.

Comme dans ses autres BD, on suit Guy Delisle dans son quotidien et sa découverte du pays, dont le  contexte  est différent de celui des Chroniques birmanes ou des Chroniques de Jérusalem. Ainsi, dans Pyongyang, écrit en 2003, l'auteur s'expatrie en République populaire démocratique de Corée non pas pour y suivre sa femme, engagée auprès de Médecins sans Frontières, mais pour y travailler.

Cette BD raconte ses 2 mois d'expatriation à Pyongyang en tant que superviseur dans un grand studio d'animation. Guy Delisle parvient, avec détachement et humour à nous faire découvrir l'atmosphère quotidienne de la seule dictature héréditaire du Monde.

La propagande est permanente sous le "regard" du "père de la nation", Kim Il-Sung, décédé en 1994 mais toujours considéré comme le "président éternel" et dont le portrait se trouve dans tous les immeubles nord-coréens.

Guy Delisle - Pyongyang

Sans cesse accompagné, comme tout étranger au pays, d'un guide et d'un traducteur, Guy Delisle raconte ses journées de travail mais aussi ses visites des "sites touristiques" du pays : le tour du Juché, le Palais des Amitiés, le musée de l'occupation impérialiste ou encore le Palais des Enfants, tous édifiés dans le culte des dirigeants.

Grâce au témoignage de Guy Delisle, on entrevoit un peu ce que doit être le quotidien de la population : rationnement, restrictions en électricité, obligation pour tous de porter un badge à l'effigie de Kim IL-Song, aucun accès aux médias et quasiment aucun temps libre, entre le travail et les temps de "volontariat". 

Guy Delisle - Pyongyang

En bref : j'ai beaucoup aimé cette BD car j'y ai appris beaucoup de choses. Guy Delisle, réussit, à travers  son expérience personnelle, à nous faire découvrir un peu ce pays totalitaire et même à nous faire sourire malgré la gravité ou l'absurdité de certaines situations. Même si ce témoignage date de 2002 et que certaines choses ont peut être changé depuis, je conseille vraiment la lecture de ce livre!

Pyongyang sera prochainement adapté à l'écran par Gore Verbinski, le réalisateur de Pirates des Caraïbes et Rango.

Guy Delisle - Pyongyang


Crédits photos : Guy DELISLE/l'Association

Guy DELISLE, Pyongyang, l'Association, 176 pages




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