Cette semaine de vacances, on n'osait presque plus y croire. Et puis, la bonne nouvelle est tombée : quelques petits jours de congés accordés à la dernière minute. Et très vite, deux questions essentielles : qu'est ce qu'on fait ? on va où?
Kenavo la Bretagne, buongiorno Marettimo !
Peut être bien qu'on serait allé en Bretagne si la météo estivale avait
été un peu plus clémente cette année. Mais nous, on rêve de vacances au
soleil, des vraies, des vacances pendant lesquelles on pourrait passer
nos journées en short sans devoir sortir un pull à chaque petit coup de
vent. Je l'aime ma Bretagne et je l'aimerai toujours mais, elle et moi,
on a eu quelques différends cet été et notre relation s'est transformée
en "je t'aime, moi non plus" et "je t'aime mais je te quitte"... La
rupture n'est pas définitive, l'amour est bien trop fort et j'ai d'ores
et déjà signé pour des vacances 100% bretonnes l'été prochain. Mais,
cette fois-ci, pour nos toutes petites vacances d'été, on voulait se donner
une chance de voir de "vrais" rayons de soleil, de ceux qui
réchauffent.
On s'est donc mis en quête d'une destination facilement accessible, assez proche, ensoleillée mais dépaysante et, surtout, propice au repos. Et puis, pour une fois, on laisse le hasard choisir pour nous et on décide d'attraper le premier vol qui part vers le Sud. Direction
Trapani en Sicile. Au large de la ville, je découvre
les îles Egadi, un petit archipel composé de Favignana, la plus grande des îles, Levanzo, la plus petite et Marettimo, la plus sauvage.
A propos de
Marettimo, je trouve peu d'infos et uniquement quelques images mais ce que je découvre me plaît : un petit village de pêcheurs aux maisons aux volets bleus, des sentiers de randonnée et des criques à l'eau turquoise. C'est décidé, on ira passer nos vacances sur cette petite île sauvage et silencieuse. Arrivés à Trapani, Matteo, le chauffeur de notre taxi nous confirme ce que j'ai lu "Marettimo ? une petite île très tranquille ! ". ça tombe bien, c'est exactement ce qu'on est venu chercher !
L'image que j'ai devant les yeux dès la descente du bateau est conforme à ce que j'avais lu : un petit port de pêche, des maisons aux volets bleus et des ruelles qui semblent être un doux mélange d'Afrique du Nord et des Cyclades. On va être bien ici.
Le premier jour : le déluge
Le premier réveil à
Marettimo est..bruyant. L'orage gronde et dehors c'est le déluge : des trombes d'eau tombent pendant des heures sur l'île. J'ai donc quitté ma Bretagne à cause de la pluie mais si c'était moi finalement qui avait la poisse météorologique ? Ne dramatisons pas, on est venu pour se reposer alors je me plonge dans les 700 pages du
Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia et notre première journée s'écoule tranquillement. Le ciel se calme, la vie reprend dans les ruelles de
Marettimo, il est temps de nettoyer, d'éponger et même d'écoper l'épicerie qui a pris l'eau. Demain il fera beau.
Le deuxième jour : le début de l'exploration
Le second matin est ensoleillé, d'un vrai soleil qui tape fort et qui annonce les températures caniculaires de la journée. On n'a qu'une envie : partir à la découverte de cette île qui nous accueille pour quelques jours. On décide de suivre le sentier qui nous emmène vers le château de Punta Troia qui me fait penser à
ma randonnée en Corse sur le sentier des douaniers vers les îles sanguinaires. Il fait chaud et ça grimpe mais la vue est tellement belle ! En face de nous, les deux autres îles de l'archipel des Egadi : Levanzo et Favignana.
Marettimo a beaucoup à offrir, on prend le chemin du retour pour terminer la journée à l'ombre de la grande terrasse de notre appartement. Mon téléphone est éteint, au fond de mon sac, depuis 3 jours et je n'ai même pas envie de l'allumer. La déconnexion est en marche.
Le troisième jour : la découverte inattendue
Aujourd'hui, direction l'autre côté de l'île pour
explorer, encore. On prend les maillots de bain dans le sac parce que des
criques à l'eau turquoise c'est très bien mais si on pouvait s'y baigner, ce serait encore mieux. On n'est pas déçu, des petites criques, il y en a plusieurs à
Marettimo. Mais on marche d'abord et la baignade sera la récompense au retour. Si la randonnée d'hier était belle, celle là est encore mieux. On grimpe sur un sentier au milieu des pins et, depuis la crête, on découvre une crique encore plus grande et encore plus belle que les précédentes. On reviendra demain.
On redescend, la plage nous attend. Sur les galets, des touristes bronzent, d'autres profitent de l'eau turquoise et limpide. Et puis soudain :
"Tu vois la dame là-bas qui sort de l'eau ? Elle a l'air d'avoir un problème... "
"...oui, elle a une grosse plaque rouge sur le côté"
"...."
"Je t'ai pas dit mais hier, au port, j'ai vu une affiche pleine de photos de méduses"
"...."
"Viens, on s'approche de l'eau"
Et là, la stupéfaction : des dizaines de méduses de toutes les tailles évoluent dans cette eau limpide et turquoise tant convoitée pour notre baignade. On est resté là un long moment, médusés par ce spectacle inattendu. Baignade il n'y aura pas.
Le quatrième jour : la vita è bella
Ce matin, on est bien décidé à trouver le chemin vers la crique idyllique repérée la veille.
"Il n'y aura peut-être pas de méduses de ce côté-là"
"......."
On part sans carte, l'île est petite, on trouvera facilement.. ou pas (quand on connaît nos sens de l'orientation respectifs, c'était un peu ambitieux). On prend un mauvais chemin qui nous amène sur le site d'une ancienne villa romaine et on rebrousse chemin pour descendre, enfin, vers la crique vue hier. Mais le vent est beaucoup plus fort que la veille et la mer beaucoup plus agitée. Adieu l'eau limpide de la veille et adieu la baignade, encore une fois :/ Néanmoins, pas de regret, la balade est vraiment belle, Marettimo est un bonheur pour ceux qui aime randonner.
Comme tous les jours, on récupère de la balade par quelques heures de lecture sur la terrasse. En fin d'après-midi,
les ruelles de Marettimo s'animent et les discussions reprennent là où on les avait laissées avant la sieste. C'est bientôt l'heure de l'
aperitivo.
On s'installe à l'une des tables de ce tout petit bar, au bord de l'eau avec une vue imprenable sur la Punta Troia. Le soleil se couche, j'ai un verre de spritz à la main et la musique de jazz que diffuse le bar dans mes oreilles. On se croirait presque dans un film de Woody Allen,
la vita è bella.
Le cinquième jour : le vent se lève
Pour la première fois, le réveil sonne à
Marettimo. C'est déjà le jour du départ et nous devons quitter l'appartement à 10 heures. Marettimo est dans la brume aujourd'hui et le vent souffle, tiens ça me rappelle
ma journée passée sur l'île de Sein. Un dernier cappuccino et on s'assoit pour admirer le spectacle avant de prendre le bateau. La vie sur les Egadi est soumise à la météo, encore plus sur Marettimo qui est la plus au large de l'archipel.
Un dernier regard sur ce petit village et le bateau s'éloigne déjà.
Arrivederci Marettimo, on rentre chez nous reposés et en pleine forme pour attaquer les derniers mois de l'année qui s'annoncent bien chargés. Dans nos valises, une résolution quand même : apprendre l'italien et revenir, encore et encore dans ce pays qu'on aime tant.
NB : Je crois bien que c'est le premier récit de vacances reposantes sur le blog, moi qui ai tant de mal à "
ne rien faire". Et, c'est promis, je reviens très vite avec un autre billet avec de "vraies" infos pratiques sur
Marettimo;)