vendredi 16 mai 2014

Elle marchait sur un fil, le nouveau roman de Philippe Delerm



Elle marchait sur un fil - Philippe Delerm

Vous connaissez mon amour pour l’écriture de Philippe Delerm. Alors quand j’ai vu qu’il avait écrit un nouveau roman, j’ai craqué, je l’ai acheté. J’avais aimé ses précédents romans, Sundborn ou les jours de lumière, Autumn ou La bulle de Tiepolo, tous liés à l’univers de la peinture. J’étais donc impatiente de découvrir Elle marchait sur un fil.

Marie a 50 ans. Quittée par Pierre, elle se retrouve seule entre son appartement parisien et sa maison du Fahouët en Bretagne. Marie est attachée de presse. Lassée de travailler pour une maison d’édition et de faire la promotion de livres qu’elle n’aime pas, elle est désormais freelance. Marie a un fils Etienne et une petite fille Léa, avec laquelle elle est très complice.

Marie a toujours eu envie d’écrire. Elle avait même proposé à son fils et sa belle-fille d’écrire une pièce pour eux. Elle avait eu du mal à encaisser leur refus. Alors quand elle rencontre un groupe de jeunes comédiens, Marie repense à ce projet avorté et y voit l’occasion d’en reprendre le fil.

Marie marche sur un fil, entre doutes, questionnements et envie de plonger tête baissée dans un nouveau projet et de donner un sens à sa nouvelle vie. Marie est sur un fil, entre sa vie passée avec Pierre et l’avenir qui l’attend et où tout est à construire.

Philippe Delerm, avec sa plume sensible et toute en finesse amène le lecteur à s’interroger sur l’influence des parents sur l’avenir de leurs enfants. Plus largement, le roman évoque aussi les passions que l’on a dans la vie et la difficulté parfois d’en vivre pleinement.  J’ai lu ce livre en quelques heures, happée par l’histoire. Quel bonheur aussi de retrouver l’écriture de Philippe Delerm !

Je ne vais pas vous révéler toute l’histoire si certains d’entre vous ont envie de la découvrir mais la fin est assez inattendue… Je regrette d’avoir lu ce roman si vite, je vais devoir patienter jusqu’au prochain si prochain il y a. 

Philippe Delerm, Elle marchait sur un fil, Le Seuil,  2013

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mercredi 9 avril 2014

Carnet du Pérou de Fabcaro



Dans le cadre de l'opération " 1 blog 1 BD" lancée avec Price Minister, j'ai choisi de lire Carnet du Pérou - Sur la route de Cuzco de Fabcaro. Je rêve du Pérou depuis toujours, j'aime beaucoup les carnets de voyages alors j'ai fait mon choix très vite, trop vite surement.

Je croyais, naïvement peut-être, que cette BD était un véritable carnet de voyage, la retranscription par l'auteur de sa découverte du Pérou, de ses richesses, de ses habitants et de ses réalités. Mais cette BD est en fait une vaste blague, Fabcaro n'est jamais allé au Pérou. On le comprend dès les premières pages et j’avoue avoir été déstabilisée dès le début de ma lecture.  


Le livre alterne pages du pseudo carnet de voyage et planches dans lesquelles l'auteur se met en scène en plein travail d'écriture avec un humour décalé. Peut être que je n'ai pas le même humour ou pas d'humour du tout mais je dois reconnaître que je n'ai pas beaucoup ri pendant ma lecture. Néanmoins, les dessins bichromes sont très beaux et les pages du carnet de voyage agréables à parcourir. Mais l'alternance avec des planches différentes rend la lecture difficile. Lire un carnet de voyage en sachant que l'auteur n'a jamais mis un pied dans le pays est plus que perturbant.


J'aurais du prendre un peu plus de temps pour choisir la BD, cela m'aurait évité cette déception. Je l'ai lue une fois, puis une deuxième mais rien à faire, l'humour ne prend pas (sur moi). Il s'agit bien sur de mon avis personnel et peut être que cette BD vous plaira si vous êtes sensible à l'humour de l'auteur.

Puisqu'il faut mettre une note, j'attribue un 12/20, essentiellement pour les dessins des pages du carnet de voyages qui m'ont beaucoup plu. 

Je remercie vivement Price Minister de m'avoir envoyé ce livre.

Fabcaro, Carnet du Pérou, 6 Pieds sous Terre Editions, 2013



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vendredi 14 février 2014

Madame Hemingway de Paula McLain

Paula McLain - Madame Hemingway

Après Paris est une fête d'Ernest Hemingway, j'ai eu envie de lire Madame Hemingway de Paula McLain dont j'avais entendu beaucoup de bien. C'est la première femme d'Hemingway, Hadley, qui est mise en lumière et qui est aussi la narratrice de ce roman. Cela rend la lecture très fluide et facile même si cela m'a un peu perturbée au début. En effet, ce livre est une fiction mais les personnages sont bien réels. 

Paula McLain s'est très bien documentée avant de se lancer dans l'écriture de son roman et s'appuie notamment sur Paris est une fête pour construire son histoire. Comme elle le dit elle-même "L'histoire vraie du couple Hemingway est si dramatique, si fascinante, a fait l'objet d'un si magnifique traitement de la part d'Ernest Hemingway lui-même dans Paris est une fête, que mon intention, à partir de ce matériau, a été de creuser plus profond les aspects émotionnels de la vie des personnages et de proposer une autre perspective sur les événements historiques, tout en restant fidèle aux faits."

L'histoire commence en 1920, le jour où Hadley rencontre Ernest Hemingway lors d'une fête à Chicago. Elle tombe immédiatement amoureuse de lui et de ses "magnifiques yeux bruns". Ernest n'a a lors que 20 ans et n'est pas encore l'écrivain reconnu. Ils se marient très vite et partent s'installer à Paris où il espère trouver un environnement favorable pour écrire. Hadley décide alors de se vouer entièrement à la réussite de son mari. Elle le suit, l'encourage, le rassure mais surtout s'efface. C'est cet effacement qui ressort dans le livre, face au caractériel, charismatique et lunatique Hemingway. Et finalement, même si le roman raconte leur histoire, c'est surtout Ernest qui en est le principal sujet.

Et puis, au delà de l'histoire des Hemingway,  c'est le Paris des années 20 qu'on retrouve dans ce livre mais aussi l'univers des écrivains ou artistes anglo-saxons et américains expatriés de l'époque. Gertrude Stein, Ezra Pound, les Fitzgerald et bien d'autres, amis du couple Hemingway, partagent avec eux vacances, fêtes et alcool.

J'ai lu ce livre en quelques jours à peine car il faut bien avouer qu'on s'attache aux personnages, à Hadley mais aussi à Hemingway, fragile, travailleur et tourmenté. J'ai désormais envie de relire Paris est une fête pour retrouver les éléments du roman racontés directement par le principal intéressé !

Paula McLain, Madame Hemingway, Le livre de Poche, 2012, 500 p.



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mercredi 22 janvier 2014

Aya de Yopougon



Aujourd'hui, je vous emmène en Afrique et plus précisément en Côte D'Ivoire, à la rencontre de Aya de Yopougon. Cette BD, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, nous plonge dans l'Abidjan des années 70, au cœur du quartier de Yopougon, baptisé "Yop City" par ses habitants "pour faire comme dans un film américain". 

Dans cette série de BD (il y a 6 tomes), on suit les aventures d'Aya, jeune fille de Yopougon, de ses deux copines, Adjoua et la "grande gazeuse" Bintou. Mais il y a aussi Ignace et Fanta, ses parents,  Hervé, l'amoureux transi de Félicité et Moussa, fils de Bonaventure Sissoko, le patron d'Ignace... vous me suivez toujours ?


De tome en tome, on s'attache à tous ces personnages hauts en couleurs et surtout, on rit beaucoup ! Car lire Aya de Yopougon, c'est plonger dans une Afrique colorée, attachante, avec ses rebondissements et ses questionnements du quotidien : des disputes, de la drague mais de l'amour aussi, des rêves de gloire ou d'ailleurs, du travail.  Aya de Yopougon, c'est aussi une succession d'expressions drôles et imagées. Je ne résiste pas à l'envie de vous en donner quelques unes, piochées ça et là, au fil des tomes :

"Si pressée que soit la mouche, elle attend que l'excrément soit sorti"
"T'es belle comme un cacao qui sèche au soleil"
"les oreilles ont beau pousser, elles ne dépasseront jamais la tête"
"C'est comme chercher une machette dans une champ de manioc"
"C'est au pied du mur qu'on voit le vrai maçon"
"les boutons qui sont entre les fesses de ton voisin ne doivent pas te déranger"
"retenir ses excréments dans le ventre n'est pas un remède contre la faim"
"On est en France, quand y'a foudre là, chacun attrape sa tête"
"un bout de bois, même resté longtemps dans l'eau, ne sera jamais un caïman"
"Rita est une go cube maggi, elle est dans toutes les sauces" 
"ce n'est pas la couleur qui fait le lait de coco"
"le taureau coléreux ne monte pas la vache en chaleur"
"si on imite l'âne pour péter, notre derrière se déchire"

Je vous laisse méditer à leur signification ;)


Vous l'aurez compris, Aya de Yopougon est une BD drôle et légère à laquelle on devient vite accro. Marguerite Abouet réussit à nous transporter dans l’Abidjan  de sa jeunesse tout en finesse et avec beaucoup d'humour. L'histoire est parfaitement illustrée par le coup de crayon de Clément Oubrerie. (qui avait aussi dessiné la série Pablo).


A la fin de chaque album, il y a aussi l'irrésistible "bonus ivoirien" avec un lexique, des recettes, de petites histoires ou même la meilleure façon de marcher pour mettre tous les hommes à ses pieds...


Mais je ne vais pas tout vous raconter, je ne peux que vous conseiller de découvrir la vie trépidante du quartier de Yopougon !

Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Gallimard, 2005-2010


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mercredi 31 juillet 2013

Les Enfants de la Terre

Au retour de mon week-end en Dordogne et après la visite de la grotte de Lascaux, j'ai eu envie de relire un livre que j'ai depuis quelques années dans ma bibliothèque : les Enfants de la Terre de Jean M. Auel. Ce roman nous plonge dans la Préhistoire et, à travers l'histoire d'une fillette, nous apprend beaucoup sur la vie des hommes à cette époque.

Les Enfants de la Terre - Jean Auel

Ce que dit la quatrième de couverture :
" Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s'achève et la Terre commence à se réchauffer. Lentement, durant des millénaires, l'homme s'est peu à peu dégagé de la bête et il apparait à peu près tel qu'il est aujourd'hui. Il connaît l'outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s'abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d'harmonie.
En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d'un lion pour se réfugier auprès d'un clan étranger. On l'adopte. Très vite, les gestes et les paroles d'Ayla suscitent l'étonnement et l’inquiétude. "

Ce qui m'a beaucoup plu dans ce livre, c'est le fait qu'à travers une histoire romancée, on en apprenne beaucoup sur cette époque de la Préhistoire qui m'était quasiment méconnue.  Le roman évoque la co-existence de deux humains différents : l'homme de Néandertal et l'homo sapiens sapiens, représenté par Ayla, qui est le premier homme moderne.

Dès le début du roman, on s'attache à cette petite fille, Ayla, qui perd tout son entourage lors d'un tremblement de terre, se retrouve seule et est alors recueillie par le Clan de l'Ours des Cavernes. L'ensemble du clan va se montrer très méfiant vis à vis de cette enfant différente, qui vient de "chez les Autres".  Elle finit, non sans peine, par se faire accepter, mais très vite, ses différences provoquent de l'incompréhension. Quels sont ces sons étranges qui sortent de sa bouche ? Pourquoi des larmes coulent de ses yeux parfois ? Pourquoi est-elle si "laide" ?

Ayla est, en effet, très différente des membres du clan. Son visage est plat, ses yeux sont clairs et sa silhouette élancée. Ayla est très agile, est capable de nager, et son esprit raisonne différemment.

Jean Auel a construit son roman sur des connaissances préhistoriques très précises : le mode de vie des hommes, leur façon de chasser le mammouth, de tailler leurs outils. Des éléments très détaillés sont également apportés sur leur connaissance de la flore et leur utilisation au quotidien pour manger, se soigner, guérir les blessures. Plusieurs fois, je me suis étonnée de toutes ces connaissances et de leur capacité à les utiliser.

En bref, je ne peux que vous conseiller ce livre, que j'ai relu avec beaucoup de plaisir. Je me suis beaucoup attachée aux personnages, ai tremblé pour Ayla et ai même failli verser une petite larme à certains moments ! Une fois plongée dans ce roman, j'ai eu du mal à m'en détacher. Il me reste à poursuivre avec le tome 2 pour connaître la suite de ses aventures (il y a 6 tomes au total).

Jean M. Auel, Les Enfants de la Terre, Tome 1 : Le Clan de l'Ours des Cavernes, 1980 

Les Enfants de la Terre - Jean Auel

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mercredi 1 mai 2013

Dix rêves de pierre de Blandine Le Callet

Je viens de terminer la lecture du dernier livre de Blandine Le Callet : Dix rêves de pierre. De cet auteure, je connaissais uniquement Une pièce montée, que j'avais beaucoup aimée. J'ai également dans ma liste de livres à lire, La ballade de Lila K qui, si j'en crois les critiques lues sur ce roman, est très bien aussi.

Blandine Le Callet - Dix rêves de pierre

Dix rêves de pierre n'est pas un roman mais un recueil de dix nouvelles. Je n'ai pas l'habitude de lire ce genre littéraire, à part dans les livres de Philippe Delerm, bien entendu. J'ai été attirée par ce livre pour son auteure mais aussi pour son sujet original. A partir d'épitaphes découvertes dans des musées, dans des livres ou au gré de ses promenades, Blandine Le Callet imagine ce qu'ont du être les derniers instants de vie de ces personnes décédées.

On pourrait croire que ce livre est empreint de tristesse et de nostalgie, mais il n'en est rien. Dès le début de la lecture, je me suis attachée aux personnages dont les histoires sont tour à tour émouvantes, tragiques, poétiques ou ironiques parfois. On retrouve dans ce livre le don de Blandine Le Callet, comme dans Une pièce montée, d'imaginer et de raconter en quelques pages une tranche de vie de personnages aussi attachants qu'émouvants. A peine la lecture d'une nouvelle terminée que l'on a hâte de découvrir la suivante.

Les épitaphes sont placées à la fin de chaque nouvelle et sont présentées par ordre chronologique. Ce livre nous fait ainsi traverser les époques, de celle gallo-romaine à aujourd'hui, en passant par le Moyen-Age, la Renaissance et le XIXème siècle. Toutes les inscriptions funéraires sont authentiques et j'ai beaucoup apprécié la postface de l'auteure qui nous explique les contextes de leurs découvertes et les recherches qu'elle a pu faire afin de créer les histoires et les personnages.

Bref, je vous recommande la lecture de ce livre. De mon côté, je crois que je vais lire rapidement La ballade de Lila K !

Blandine LE CALLET, Dix rêves de pierre, éditions Stock,  2013, 248 p.

Blandine Le Callet - Dix rêves de pierre


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vendredi 19 avril 2013

Pyongyang de Guy Delisle

A l'heure où Pyongyang fait les titres de l'actualité, je termine tout juste la lecture du roman graphique de Guy Delisle.

Guy Delisle - Pyongyang
J'ai découvert Guy Delisle en 2011 avec ses Chroniques de Jérusalem que j'avais littéralement dévorées. J'ai ensuite enchainé avec les Chroniques birmanes et Shenzhen que j'ai beaucoup aimés aussi. Il me restait donc à lire Pyongyang.

Comme dans ses autres BD, on suit Guy Delisle dans son quotidien et sa découverte du pays, dont le  contexte  est différent de celui des Chroniques birmanes ou des Chroniques de Jérusalem. Ainsi, dans Pyongyang, écrit en 2003, l'auteur s'expatrie en République populaire démocratique de Corée non pas pour y suivre sa femme, engagée auprès de Médecins sans Frontières, mais pour y travailler.

Cette BD raconte ses 2 mois d'expatriation à Pyongyang en tant que superviseur dans un grand studio d'animation. Guy Delisle parvient, avec détachement et humour à nous faire découvrir l'atmosphère quotidienne de la seule dictature héréditaire du Monde.

La propagande est permanente sous le "regard" du "père de la nation", Kim Il-Sung, décédé en 1994 mais toujours considéré comme le "président éternel" et dont le portrait se trouve dans tous les immeubles nord-coréens.

Guy Delisle - Pyongyang

Sans cesse accompagné, comme tout étranger au pays, d'un guide et d'un traducteur, Guy Delisle raconte ses journées de travail mais aussi ses visites des "sites touristiques" du pays : le tour du Juché, le Palais des Amitiés, le musée de l'occupation impérialiste ou encore le Palais des Enfants, tous édifiés dans le culte des dirigeants.

Grâce au témoignage de Guy Delisle, on entrevoit un peu ce que doit être le quotidien de la population : rationnement, restrictions en électricité, obligation pour tous de porter un badge à l'effigie de Kim IL-Song, aucun accès aux médias et quasiment aucun temps libre, entre le travail et les temps de "volontariat". 

Guy Delisle - Pyongyang

En bref : j'ai beaucoup aimé cette BD car j'y ai appris beaucoup de choses. Guy Delisle, réussit, à travers  son expérience personnelle, à nous faire découvrir un peu ce pays totalitaire et même à nous faire sourire malgré la gravité ou l'absurdité de certaines situations. Même si ce témoignage date de 2002 et que certaines choses ont peut être changé depuis, je conseille vraiment la lecture de ce livre!

Pyongyang sera prochainement adapté à l'écran par Gore Verbinski, le réalisateur de Pirates des Caraïbes et Rango.

Guy Delisle - Pyongyang


Crédits photos : Guy DELISLE/l'Association

Guy DELISLE, Pyongyang, l'Association, 176 pages




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vendredi 29 mars 2013

Pablo, la vie de Picasso en BD

Cela fait longtemps que je n'ai pas parlé de lecture sur le blog. Je m'y remets aujourd'hui avec la bande dessinée Pablo, de Julie Birmant et Clément Oubrerie, que j'ai reçue de Price Minister dans le cadre de l'opération "la BD fait son festival".
J'ai choisi cette BD consacrée à la jeunesse de Pablo Picasso sans hésitation. A vrai dire, je l'avais déjà repérée depuis des semaines en librairie ! J'ai donc reçu le tome 2 de cette série qui en comportera 4 au total. Et pour être sur de bien comprendre et de m'imprégner de l'histoire, j'ai acheté le tome 1 (une bonne excuse en somme).
Pablo raconte la jeunesse du peintre, bien avant qu'il ne connaisse la célébrité. C'est Fernande Olivier, modèle et première compagne de Picasso, qui est le narrateur et un des piliers de l'histoire. Le tome 1 était consacré à l'arrivée de Picasso à Paris, à sa rencontre avec Fernande et aussi avec le célèbre poète quimpérois, Max Jacob, qui deviendra l'un de ses amis les plus proches.
Le tome 2 s'intitule "Apollinaire" puisqu'il relate, entre autres, la rencontre de Picasso avec le poète.
Ce qu'en dit la 4ème de couverture :
" Montmartre, 1905 : la bande à Picasso fabrique l'art moderne. Ils sont mal-aimés, mais ça ne durera pas. Alliés à l'opium et à la magie, ils livrent bataille. Et quel cirque!
Dans l'arène, chiens, rats, fauves, peintres déchaînés s'ébattent sous les yeux aguerris de la belle Fernande...
Marchands retors, clown toréador, Américains en sandales... Qu'on se le dise : tout est VRAI dans cette histoire ! "
Outre l'histoire, ce sont les dessins de Clément Oubrerie qui m'ont donné envie de lire cette BD. Je l'avais découvert grâce à Nathalie, du blog l'Heure d'été et à son bel article consacré à la BD Aya de Yopougon, réalisée également par ce dessinateur. Je n'ai pas été déçue, j'ai vraiment beaucoup aimé le coup de crayon de Clément Oubrerie, les couleurs choisies et sa façon de représenter les personnages mais aussi les rues de Paris.
Ce deuxième tome met en lumière la rencontre de Picasso avec Apollinaire et le début de leur amitié. Mais l'on y croise aussi d'autres personnages connus tels que la marchand Ambroise Vollard, Max Jacob qui était mis à l'honneur dans le premier tome, ou encore les Stein : Gertrude, bien sur, et son frère Léo.  On découvre dans cette BD le Picasso caractériel et possessif dans sa relation mouvementée avec Fernande.
Je ne sais pas si, comme le prétend la 4ème de couverture, tous les faits racontés sont véridiques mais l'on suit tout au long de cette BD le parcours du peintre, ses débuts, son atelier, sa vie au sein du Bateau-Lavoir et ses premières ventes de toiles.
Cette série a le mérite de mettre en lumière la vie parisienne du jeune Pablo, âgé d'une vingtaine d'années à l'époque et qui n'est pas encore le célèbre peintre Picasso. On a envie de continuer à le suivre ainsi que Fernande et ça tombe bien puisque le 3ème tome sort à la fin du mois d'avril! Il sera consacré à Matisse.
Et puisqu'il faut mettre une note, j'attribue à cette BD un 15/20. Merci encore à Price Minister de m'avoir envoyé ce livre.
Julie Birmant et Clément Oubrerie, Pablo, T. 2 Apollinaire, Dargaud, 2013
Crédits photo : Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud
Cliquez sur les images pour les agrandir

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mardi 13 novembre 2012

Je vais passer pour un vieux con de Philippe Delerm

Je vais passer pour un vieux con de Philippe Delerm


Philippe Delerm fait partie des écrivains que j'affectionne particulièrement.  J'ai lu beaucoup de ses livres et c'est donc avec une certaine impatience que j'attendais son petit dernier: Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long.

Ce livre est, de la même manière que Ma grand-mère avait les mêmes, un recueil de textes courts dans  lequel Philippe Delerm analyse et développe tout en finesse plusieurs petites phrases anodines que l'on prononce sans y penser ou que l'on entend souvent prononcées par d'autres.

Pendant la lecture de ce livre, j'ai souri, je me suis retrouvée ou ai retrouvé certaines personnes de mon entourage  mais j'avoue que, parfois, je me suis un peu ennuyée.

Les analyses de Philippe Delerm sont fines, ironiques, nostalgiques et pleines d'émotions pour certaines. C'est le cas de "Les mots sont dérisoires" qui décrit si bien le trouble ressenti lors de la rédaction de condoléances. La plume Delerm est bien là.

Je me suis retrouvée dans certaines phrases décryptées telles que "Quand on est dedans elle est bonne", entendue chaque été sur les plages du Finistère sud ou  le "c'est moi !" employée au téléphone avec des personnes proches.

J'ai aimé "Joli chapeau Madame",  qui évoque Michel Dhrey et ses commentaires pendant Roland Garros. Je dois être sans doute un peu nostalgique de toutes ces fins d'années universitaires passées à réviser les partiels avec le tournoi en fond sonore.

J'ai  ri avec "Il n'y a que moi qui passe chez moi !" qui m'a rappelé ces parties de Monopoly jouées chez mes parents. Et mon père, riant, avec dans les mains sa liasse de billets, amassée grâce à ses hôtels implantés sur ses terrains oranges. C'est pour ça qu'on ne joue plus au Monopoly, il gagne tout le temps.

Dans ce livre, chacun se reconnaîtra ou retrouvera des moments ou des sensations connus. Et si je me suis parfois ennuyée en le lisant, c'est sans doute parce que certaines phrases ne m'évoquent rien. Car ce qui me plaît dans les  textes de Philippe Delerm, c'est qu'ils font remonter des émotions, des souvenirs, des sensations ou des instants qui nous sont familiers.

Et même s'il réussit, comme toujours, à poser des mots sur des choses en apparence anodines, on a parfois du mal à entrer dans certains de ses textes courts, vite lus et vite oubliés.

En bref, ce n'est pas un livre que je conseillerais à ceux qui n'ont jamais lu Philippe Delerm et qui souhaitent le découvrir.

Puisqu'il faut mettre une note à ce recueil, je lui attribue un 13/20. Une petite déception qui ne m'empêchera pas de courir dans la librairie la plus proche, lors de la sortie du prochain.

Ce recueil a été lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2012 organisés par Price Minister que je tiens à remercier.

Philippe Delerm, Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long, Editions du Seuil, 2012




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jeudi 18 octobre 2012

Paris est une fête d'Ernest Hemingway

Paris est une fête - Ernest Hemingway

«  Il n’y a jamais de fin à Paris et le souvenir qu’en gardent tous ceux qui y ont vécu diffère d’une personne à l’autre […] Paris valait toujours le déplacement, et on recevait toujours quelque chose en retour de ce qu’on lui donnait . »

Paris est une fête d’Ernest Hemingway a été publié de manière posthume en 1964, 3 ans après le décès de l’écrivain. Je suis tombée sur ce livre par hasard à la librairie, il a été  réédité récemment et restitue, pour la première fois, le texte original d’Hemingway. D’autres textes retrouvés chez l’écrivain ont été également ajoutés à cette édition.

Dans Paris est une fête, Hemingway raconte son Paris des années 20. Il abandonne à cette époque son métier de journaliste pour se consacrer exclusivement à l’écriture et s’installe pour plusieurs années à Paris. Il raconte ses balades au jardin du Luxembourg, ses heures passées à admirer les tableaux de Cézanne au musée, ses visites à Gertrude Stein, 27 rue de Fleurus, sa librairie et bibliothèque favorite, « Shakespeare and Compagny », rue de l’Odéon et ses heures passées à parier à l’hippodrome d’Auteuil.

On plonge dans le Paris des années 20  à travers les textes et les descriptions d’Hemingway. Il est difficile aujourd’hui de s’imaginer le chevrier qui déambulait dans les rues parisiennes avec ses chèvres pour vendre leur lait ! On retrouve aussi d’autres écrivains et poètes qu’Hemingway côtoyait, James Joyce, Ezra Pound ou encore Scott Fitzgerald qu’ils retrouvaient parfois à la Closerie des Lilas, « un des meilleurs cafés de Paris » qui existe encore aujourd’hui.

J’ai donc mis cet endroit sur ma liste de choses à voir lors de ma prochaine escapade parisienne !


Paris est une fête, Ernest Hemingway, Folio, 2012

La Closerie des Lilas, 171 boulevard Montparnasse, Paris
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lundi 25 juin 2012

Paris autrement


Rassurez-vous, je ne vais pas me transformer en chroniqueuse littéraire. J'ai juste envie de vous parler d'un livre que j'ai lu, relu et que j'aime toujours autant : Paris l'instant de Philippe Delerm.

J'aime Paris, j'aime les détails, j'ai d'ailleurs souvent tendance à ne photographier que des détails...ce livre était fait pour me plaire. Philippe Delerm s'attache à décrire Paris autrement,  avec des instants, des petites choses minuscules que beaucoup ne voient pas, plus ou ne prennent pas le temps de voir.

De tous les textes courts qui composent l'ouvrage, j'aime particulièrement Le bronze traversé qui décrit les jeux d'ombre et de lumière dans une entrée d'immeuble parisien. Peut être parce qu'il me rappelle cette porte si lourde de l'immeuble que j'habitais à Montpellier il y a quelques années et cet escalier en pierre avec ses marches usées par le temps...

Les textes sont illustrés par des photographies de Martine Delerm qui donnent tout leur sens à ces écrits pleins de poésie.

Parisiens, non parisiens, futurs parisiens ou amoureux de Paris, je ne saurai que vous encourager à plonger le nez dans ce livre qui nous invite à regarder la ville autrement.

Philippe Delerm, Paris l'instant, Le Livre de Poche, 2002


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