mercredi 19 août 2015

Expo : visiter la grotte de Lascaux sans quitter Paris !


Aujourd'hui, je vous invite à un aller-retour express dans le Périgord mais surtout à un fabuleux voyage dans le temps. Jusqu'au 30 août prochain, le Parc des Expositions propose de partir à la découverte de la grotte de Lascaux sans quitter Paris, vous me suivez pour la visite ?

Lascaux, un site exceptionnel et fragile


Je suppose que vous connaissez tous l'histoire de la découverte de la grotte de Lascaux mais je ne résiste pas à l'envie de la raconter quand même. En septembre 1940, quatre adolescents, Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agniel et Simon Coencas découvrent la grotte par hasard lors d'une balade à Montignac. Ils y reviendront plusieurs fois avant d'en parler à leur ancien instituteur, Léon Laval qui avertit rapidement le préhistorien Henri Breuil de la découverte.

Très vite, les visiteurs afflux sur le site, curieux de découvrir la "Chapelle Sixtine de la Préhistoire", comme l'a surnommée l'Abbé Breuil. Mais la situation devient vite ingérable et la grotte de Lascaux est fermée à la visite. Seuls les préhistoriens et scientifiques peuvent accéder au site afin de réaliser les premiers relevés et études. Le premier inventaire réalisé recense 1500 figures animales et signes.


En 1948, le site est aménagé et ré-ouvert au public mais, dès l'année suivante, des tâches noires et vertes apparaissent sur les parois de la grotte. Les visiteurs perturbent l'équilibre du site et le mettent en danger. C'est le début d'une surveillance permanente.

En 1963, la grotte accueille jusqu'à 1 500 visiteurs par jour. C'est beaucoup plus que ce que le site, qui se dégrade un peu plus chaque jour, ne peut en supporter. La grotte de Lascaux est alors définitivement fermée au public pour assurer sa préservation et sa pérennité.

Lascaux 1, 2, 3 et bientôt 4 ! 


En 1972, le ministère de la Culture donne son accord pour la création d'un fac-similé à quelques centaines de mètres de la grotte originale pour permettre au public de redécouvrir le site. Lascaux II reproduit une partie seulement de la grotte est ouvre ses portes en 1983. J'ai eu la chance de visiter Lascaux II il y a quelques années (merci Mélanie !) et je dois dire que le rendu est assez impressionnant. L'émotion est palpable pendant la visite et on en vient même à (presque) oublier que ce que l'on a sous nos yeux n'est qu'une copie.

Depuis 1983, Lascaux II a déjà accueilli 10 millions de visiteurs. Mais, trop proche du site original, elle contribue à la mise en péril de Lascaux I.


Et Lascaux III ? Et bien Lascaux III, c'est l'exposition présentée en ce moment au parc des Expositions. Je l'avoue, j'ai compris ça seulement au moment de ma visite... Après avoir traversé l'Atlantique jusqu'aux Etats-Unis et au Canada, l'exposition poursuivra sa tournée internationale en Suisse, en Corée du Sud puis au Japon en 2016. Un beau voyage pour Lascaux, reconnue comme patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1979.

Un nouveau site, Lascaux IV, verra bientôt le jour en Dordogne. Un grand projet qui s'installera à quelques kilomètres du site original et qui proposera un fac-similé de la totalité de la grotte. Rendez-vous donc dans le Périgord en 2016 !

Lascaux III, une exposition interactive et très pédagogique  


Je ne vais pas vous mentir, l'émotion en visitant l'exposition n'est pas la même qu'en découvrant Lascaux II. Mais, de par l'interactivité proposée tout au long de la visite, je l'ai trouvée très pédagogique. Je n'ai pas d'enfants mais si ça a avait été le cas, je les aurais amenés avec moi sans aucune hésitation !


L'exposition présente toutes les facettes du site, de sa découverte à la réalisation du travail de copie en passant par les relevés et les études des figures présentes dans la grotte, vieilles de 17 000 à 20 000 ans. Bouquetins, vaches, bisons, aurochs et bien d'autres figures ornent les parois de Lascaux.
Un film en 3D nous emmène dans la grotte mais surtout, des reproductions de figures grandeur nature permettent de nous projeter (un peu) sur le site. Tout au long du parcours, jeux, tablettes et écrans tactiles proposent des activités à faire seul ou en famille. Certains sont même proposés en double, une bonne idée pour les jours de forte affluence !

J'arrête là ce billet-fleuve (lancez moi sur le patrimoine et je ne m'arrête plus ! ) mais, vous l'aurez compris, je vous conseille la visite de cette exposition qui nous apprend beaucoup sur Lascaux et qui me donne envie de repartir en Dordogne pour explorer d'autres grottes préhistoriques.


Je finirai juste sur cette petite phrase présente dans l'exposition  :

 "Nous sommes tous des Cro-Magnons" *

Et vous, vous avez déjà visité la grotte de Lascaux ? Vous êtes tentés par l'exposition ?

Exposition Lascaux à Paris
Parc des Expositions - Pavillon 8/B
1 place de la Porte de Versailles - Paris 15
Jusqu'au 30 août 2015 - tous les jours de 10h à 19h (dernière entrée à 18h)
Tarif  : 15,90 €
Accès : métro (ligne 12) ou Tram 2 (arrêt Porte de Versailles)


* Un Cro-Magnon habillé avec un jean, un tee-shirt, une paire de baskets est exactement comme nous ;)

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vendredi 7 août 2015

Le musée de l'Orangerie ... après la fermeture.



Mon blog m'apporte régulièrement de belles surprises. Et quand je reçois une invitation à découvrir le musée de l'Orangerie un soir avec d'autres blogueurs, c'en est une. Vous connaissez ma grande passion pour Claude Monet alors vous imaginez surement mon sourire jusqu'aux oreilles à l'idée de me retrouver en tête-à-tête (ou presque) avec les Nymphéas.


Les Nymphéas, l’œuvre ultime de Monet


Monet commence à peindre des nymphéas en 1899. A partir de là, et jusqu'à sa mort, il va travailler sans relâche sur ce thème dont il a lui même créé le motif dans sa propriété de Giverny. D'ailleurs, je ne saurais trop vous conseiller que de partir à la découverte de la maison et du jardin de l'artiste en Normandie, j'y suis allée tous les ans ces dernières années et je ne m'en suis toujours pas lassée. Si ça vous intéresse, j'ai écrit plusieurs billets sur la maison de Monet à Giverny.

Les nymphéas ne quittent pas l'esprit de Monet, il peint sans relâche, détruit certaines toiles, recommence encore et encore... 

"Ces paysages d'eau et de reflets sont devenus une obsession. C'est au delà de mes forces de vieillard et je veux cependant arriver à rendre ce que je ressens. J'en ai détruit...J'en recommence...et j'espère que de tant d'efforts il en sortira quelque chose."


Les années passent, Monet avance, ambitieux, dans son idée de "grandes décorations". Il fait construire un nouvel atelier dans sa propriété de Giverny, immense, avec un éclairage zénithal. Il change de format pour ses œuvres, des petits formats carrés, il peint désormais  sur de très grandes toiles, à l'échelle de son nouvel atelier. Pour la première fois, l'artiste ne peint plus "sur le motif" mais crée ses compositions dans l'atelier.

En 1918, au lendemain de l'Armistice, Monet écrit à son ami Clemenceau pour l'informer de sa volonté d'offrir deux de ses toiles à la France. Il poursuit son travail avec son éternelle insatisfaction. Vient rapidement une question essentielle : où et comment exposer ces œuvres ? Monet est intransigeant sur la question " Je tiens à ce que je donne à l'Etat soit présenté comme je l'entends". Le choix se porte finalement sur l'Orangerie du jardin des tuileries dont les salles prendront la forme elliptique.

Monet a toujours refusé de livrer les toiles de son vivant. C'est donc après sa mort que les Nymphéas sont installés et présentés à l'Orangerie. L'inauguration a lieu en mai 1927.


Mon tête-à-tête avec les Nymphéas


Imaginez le musée de l'Orangerie, un soir, après la fermeture. Un musée vidé de ses visiteurs pour nous tout seuls. Difficile de décrire l'émotion ressentie devant ces toiles. Devant nous, du bleu, du vert, du rose et des milliers de touches de couleur d'une douceur incroyable. On découvre le bassin aux nymphéas peint par Monet à chaque moment de la journée, du lever du jour au coucher du soleil. Deux salles elliptiques sont consacrées aux Nymphéas. On a eu du mal à les quitter ces deux salles mais le musée possède aussi une très belle collection permanente à découvrir absolument.


La collection Jean Walter et Paul Guillaume


Renoir, Picasso, Soutine, Cézanne et bien d'autres... tels sont les grands noms que l'on retrouve dans la collection permanente du musée de l'Orangerie.

Paul Guillaume était un marchand avant-gardiste. Il monte une galerie et une revue artistique pour défendre et soutenir les artistes qu'il aime (Braque, Picasso, Derain...) et sa réussite est rapide. Il partage avec Picasso son amour pour l'art africain qu'il collectionne. Le musée possède d'ailleurs de très beaux tableaux du maître dont un pastel.



Paul Guillaume meurt jeune et c'est sa femme, Dominica, qui modifie la collection. Elle se sépare alors de certaines œuvres pour en racheter d'autres plus "classiques" comme des Renoir et des Cézanne. J'ai été impressionnée par le nombre de tableaux de Renoir présentés à l'Orangerie et parfaitement mis en valeur sur ce mur de béton laissé brut du sous-sol du musée.




La volonté de Paul Guillaume était de rendre sa collection publique et de la voir exposée au Louvre.  Après quelques péripéties, la collection est rachetée par l’État sous réserve d'usufruit et est présentée à l'Orangerie à partir de 1984. La collection porte, selon la volonté de Domenica, les noms de ses deux époux, Jean-Walter et Paul Guillaume.

Vous l'aurez compris, l'Orangerie est, selon moi, un musée parisien à découvrir d'urgence !
Un grand merci au Musée pour l'invitation et l'accueil chaleureux.




Infos pratiques :
Musée de l'Orangerie
Jardin des Tuileries - Paris 1
Horaires : le musée est ouvert tous les jours (sauf le 14 juillet et le 25 décembre) de 9h à 18h
Tarif  : 9 € (réduit : 6,50 €)
Accès : Métro ou bus : arrêt Concorde

Infos en plus :  
- Le musée a repensé totalement sa boutique et accueille désormais un café. Un très bel endroit clair et épuré pour faire une pause entre deux espaces d'expositions.

- L'Orangerie possède un très bel espace consacré aux expositions temporaires, j'avais d'ailleurs consacré un billet à l'exposition Frida Kahlo/Diego Rivera, l'art en fusion. La prochaine sera consacrée aux femmes photographes et présentée à partir du 13 octobre.

-  A partir de l'automne, des rencontres mensuelles, intitulées "Conversation avec..." seront organisées sur le thème des Nymphéas. Des artistes viendront partager leur admiration pour Monet et notamment des musiciens.

Et vous, connaissez-vous le musée de l'Orangerie ? Aimez-vous l’œuvre de Monet ?


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