jeudi 31 mars 2016

Sur le sentier des Douaniers à Ploumanac'h ...


La semaine dernière,  on a eu envie d'allonger un peu le week-end déjà prolongé et de sauter dans la voiture dès le jeudi soir pour retrouver notre Bretagne. On laisse derrière nous une semaine éprouvante et on embarque avec une terrible envie de dormir. La route me paraît interminable jusqu'à notre arrivée à 3 heures du matin mais un invité inattendu est là au réveil vendredi : le soleil !  Vu les prévisions météo du week-end, on est plutôt chanceux et on décide de  re-sauter dans la voiture, mais pour quelques kilomètres à peine cette fois-ci : direction la Côte de Granit rose.

Avant même d'arriver à Ploumanac'h, je souris. Je vois la mer, là-bas au loin et je prononce le fameux "j'ai vu la mer" avec autant d'enthousiasme que lorsque j'étais enfant. Et puis il y a eu le premier pas posé hors de la voiture, ce "oh mais il ne fait même pas froid", ces rayons de soleil qui viennent se poser sur le visage et cette douce sensation de bonheur.


Il y a eu ce sourire, ce rire et cette impatience de marcher sur le sentier des douaniers et de découvrir la vue sur le phare pourtant déjà tellement connue. Cette impatience d'avancer sur le chemin,  de longer la "chapelle" et ses gargouilles et de regarder les rochers rosés, érodés, arrondis aux formes parfois étranges qui pourraient presque donner l'impression d'un décor en carton-pâte.  

Alors on marche, main dans la main, le sourire aux lèvres et le réflex dans le sac à dos. On avance sur le sentier sur lequel on a marché des dizaines de fois, on observe, on sourit (encore) et on s'émerveille (toujours). Je sors l'appareil, je change d'objectif et je peste un peu contre la poussière birmane venue se poser là, sur le capteur. Je tourne une molette dans un sens puis dans l'autre, je teste, c'est moche, je recommence... "Est ce que tu peux aller, là-bas au bout de la jetée? " "Oui, comme ça " "Stooop !" "Attends, il faut que je recule " "Non, je n'ai pas encore fini...mais je me dépêche promis"... (Céline-photographe-amateur-débutant-pas tout à fait au point avec les réglages).


Et puis on arrive sur la plage de Saint-Guirec, c'est marée basse, tant pis pour la photo-carte postale de la plage et de son eau turquoise, ce sera pour une prochaine fois. C'est déjà l'heure du goûter mais à Ploumanac'h, désigné l'année dernière "village préféré des Français", le Perrier est aussi cher qu'à Paris. Le goûter attendra donc le retour à la maison. Je descends sur la plage, presque déserte, "je vais aller prendre une photo de la vue là-bas", alors je marche jusqu'aux rochers, plus précisément jusqu'au petit rocher, là, tout au bout, histoire d'être le plus près possible de l'île du  château de Costaérès et c'est l'erreur de débutante. La mer monte et, quelques dizaines de photos plus tard, et c'est avec de l'eau jusqu'au genou que je rejoins la plage. C'était mon premier bain de mer de pieds de l'année, mais pas le dernier je l'espère... 


Quelques pas encore pour admirer  la vue avant de faire demi-tour et de profiter du sentier, baigné par la lumière de fin de journée et dont on ne se lasse jamais.


Ce vendredi avait presque un avant goût d'été. On s'est senti privilégié d'avoir ces paysages presque pour nous tout seuls ce jour-là. "Et si on venait s'installer ici ? " Une question qui nous passe par la tête à chacun de nos passages en Bretagne. Une question qui n'est vraiment pas d'actualité  mais peut-être qu'un jour on finira par craquer...

Le sentier des Douaniers  - Ploumanac'h

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jeudi 17 mars 2016

Mes premiers pas en Birmanie : à la rencontre des Akhas


Avant toute chose, je voulais vous remercier de vos nombreux retours sur mon billet précédent, ça fait chaud au cœur et, surtout, ça me pousse à continuer… merci !  J’ouvre donc à nouveau mon carnet de voyage pour essayer de vous emmener encore un peu avec moi en Birmanie. Le voyage a été tellement riche que je me suis longtemps demandé par où commencer.  J’ai finalement choisi l’ordre chronologique qui n’est pas un choix très original certes,  mais qui sera sans doute le plus facile pour vous raconter ce voyage pas à pas. 

Avant de passer la frontière birmane, on a passé quelques jours en Thaïlande qui ne m’ont pas vraiment laissé un souvenir impérissable. Je les laisse donc de côté pour attaquer directement ce qui nous intéresse : le voyage en Birmanie. C’est Marina qui a concocté le programme : une traversée de la Birmanie d’Est en Ouest, hors des sentiers battus, en privilégiant la rencontre avec les ethnies birmanes. Un programme sur mesure, avec de belles découvertes et de beaux moments en perspective ! On passera nos premières journées birmanes dans l’Etat Shan, à Kengtung, à l’Est du pays.  

Quand Birmanie rime avec pluie…


Quelques jours après notre arrivée, une vague de froid s’abat sur l’Asie du Sud-Est et la température descend jusque – 40°C à Pékin. En Thaïlande et en Birmanie, il pleut des cordes pendant plusieurs jours. On quitte Chiang Rai sous une pluie torrentielle, on franchit la frontière birmane sous la pluie et on arrive à Kengtung sous l’averse. Il fait froid, il pleut, notre chambre d’hôtel transpire d’humidité et l’eau de la douche est glaciale. Alors on ressort les polaires qu’on avait rangés au fond du sac, on investit toutes les trois dans des bonnets-écureuils à la mode birmane, c’est un dire un poil kitch (je vous épargne le selfie) et on mange dans des restos très sympas mais sans porte (parce que vous comprenez, à Kengtung, il fait chaud d’habitude). Tout ça n’est pas très grave, c’est même plutôt drôle quand on y repense. Le truc pas très drôle par contre, c’est que la pluie a détrempé les sentiers et que certains villages autour de Kengtung sont inaccessibles. On essaie de se rassurer en se disant qu’on est là pour 5 jours, que la météo a le temps de s’arranger mais on n’est pas très confiantes quand même.


Le premier jour passé à Kengtung est un peu la journée de la déprime. On part à la découverte du marché entre les gouttes. Malgré la pluie, c’est un vrai bonheur de se balader dans les allées. Je découvre pour la toute première fois les odeurs et les saveurs birmanes, mes yeux sont grand ouverts, je veux tout voir, tout sentir, tout découvrir. La première odeur qui arrive jusqu’à mes narines est celle d’une sorte de pâte de poisson à l’aspect quelque peu dissuadant mais dont les birmans raffolent apparemment… Il  y a des piments partout, des montagnes de thé vert cultivé dans la région et un concentré de vêtements tous plus kitchs les uns que les autres, des bonnets  en formes d’animaux pas toujours identifiés aux collections de pyjamas Hello-Kitty en pilou-pilou.  Se promener dans ce marché est un vrai bonheur, à vrai dire on pourrait y rester des heures si la pluie n’était pas de plus en plus forte. Mais ça ne s’arrête pas et on passe l’après-midi au fond de notre lit à dessiner. Mais demain il fera beau, hein ?

…..
Non, demain il ne fait pas beau mais il pleut un peu moins et on peut commencer à envisager la découverte de la région.  Plusieurs ethnies vivent autour de Kengtung et de nombreux treks sont possibles pour partir à la rencontre des villages et de leurs habitants. Le plus difficile sera de faire des choix. 

Partir à la rencontre de la Birmanie ...


Ma rencontre avec la Birmanie, c’est avant tout une rencontre avec les Birmans. Moi qui répétais depuis des années que je n’avais pas vu plus souriants que les Mexicains, ils sont désormais détrônés. Commencer à raconter ce voyage ici, c’est se sentir tiraillée entre deux sentiments : l’envie de partager mes découvertes et d’essayer de vous emmener avec moi et celle, plus égoïste, de garder pour moi ces rencontres et ces souvenirs si précieux.  Ce même « égoïsme » que j’ai ressenti au retour du  Pérou et qui m’a poussée à laisser mon carnet de voyage fermé jusqu’à maintenant.


Mais si je garde tous ces visages souriants et bienveillants au fond de moi, que vais-je bien pouvoir vous raconter du pays ? Les rencontres constituent le cœur de notre voyage. En Birmanie, je n’ai pas été époustouflée par les paysages, je n’ai pas prononcé des « wahou, c’est magnifique » 10 fois par jour comme devant les paysages péruviens, je ne suis pas tombée en amour du patrimoine birman. En Birmanie, je suis tombée amoureuse des Birmans, de leurs sourires, de leur gentillesse et de leur incroyable bienveillance. Alors, j’ai passé presque toutes mes journées à sourire, à lancer des « Mingalaba » (bonjour) et à tenter, tant bien que mal de communiquer d’avantage. « Jezu tempade » (Merci) ! « Né condé la ? » (Comment ça va ?) et le très utile « Na mé lé bou » (je ne comprends pas)…

Comment raconter avec justesse ces échanges de regards, de sourires et même de fous rires parfois ? Comment trouver les mots justes pour décrire le visage de cette femme Akha que j’aurais pu regarder pendant des heures ? Comment raconter ses yeux pétillants et rieurs, son immense sourire au bétel et ses rides, celles du sourire incontestablement, qui la rendent si belle ?  


Je ne connais pas tous les prénoms des personnes rencontrées tout au long du voyage, j’ai parfois oublié de leur demander. Mais elles sont inoubliables. Alors j’ai décidé de les dessiner et d’introduire un peu d’aquarelles dans chacun de mes billets birmans.


Les Akhas et leurs visages si doux


Parmi les rencontres marquantes du voyage, il y a celle avec les Akhas qui a une place toute particulière dans mes souvenirs. Peut-être parce que c’est la toute première, peut-être aussi parce que les Akhas ont toutes en commun ce visage et ce sourire si doux.  Pendant les quelques jours qu’on a passés à Kengtung, on a suivi Tum, notre guide, tous les matins. Pour toutes les rencontres faites au cours du voyage, le guide  est un acteur essentiel. Parce qu’il parle birman et les dialectes des ethnies qu’on rencontre, parce qu’il connaît les codes à respecter, parce qu’il amorce et créé l’échange et parce qu’il constitue le lien indispensable entre eux et nous. Délicat, discret et excessivement gentil, Tum fait incontestablement partie de nos plus belles rencontres birmanes. Ces quelques jours passés à Kengtung n’auraient pas été tout à fait pareils sans lui.


Pour aller à la rencontre des Akhas, on a suivi Tum pendant des heures sur des sentiers boueux qui grimpent, on a croisé des visages souriants et amusés. Après quelques heures de marche, la vue sur les villages apparait. Les maisons semblent réparties de chaque côté d’un long chemin central. La terre est ocre, voire rouge à certains endroits. On admire et on a qu’une hâte : arriver là-haut !

On s’arrête dans une première maison et on est invité à s’installer autour de la table sur laquelle sont amenés thé vert, bananes et cacahuètes. On est bien ici. Alors on s’installe et on sort des sacs les nouilles et les raviolis achetés le matin sur le marché. Après le repas, d’autres femmes du village arrivent, elles sont toutes terriblement belles. C’est un peu le moment idéal pour sortir les crayons alors je me lance et je jette mon dévolu sur Ati et ses yeux de chats. Un essai un peu plus concluant que les dessins de la veille, une future aquarelle sans doute. Les minutes défilent, des petites discussions naissent, des regards et des sourires s’échangent et les distributions de polaroids se multiplient. Mais il est déjà temps de partir, un peu de marche nous attend encore.


Dans le troisième village, Stéphanie dessine et je regarde amusée l’animation qui se crée autour de nous. Une dizaine de personnes, intriguées, curieuses, enjouées et souriantes nous entourent et feuillettent le carnet de Stéphanie. Une petite fille se dandine dès que son père se met à chantonner, les éclats de rires fusent. La journée passe à la vitesse de la lumière, il est déjà temps de rentrer. La lumière dorée de fin d’après-midi envahit les paysages, c’est beau !


On rentre à Kengtung. Demain, d’autres heures de marche nous emmèneront à la rencontre des Lahu-Shi. Un moment inoubliable…à suivre !

Pour toutes les infos pratiques liées à ce voyage en Birmanie, je pense faire un récapitulatif d'ici quelques semaines. Mais si vous avez des questions d'ici-là, n'hésitez-pas à me les poser dans les commentaires ou à m'envoyer un message !

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