mardi 28 octobre 2014

L'exposition Hokusai au Grand Palais

Katsushika Hokusai (1760 -1849) « Dans le creux d’une vague au large de Kanagawa » Série : Trente-six vues du mont Fuji Fugaku Sanjūrokkei Kanagawa oki namiura Début de l’ère Tempō (vers 1830-1834) Estampe nishiki-e, format ōban 25,6 × 37,2 cm Signature : Hokusai aratame Iitsu hitsu Éditeur : Nishimura-ya Yohachi Bruxelles, Musées royaux d’Art et d’Histoire © Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles
Katsushika Hokusai (1760 -1849) « Dans le creux d’une vague au large de Kanagawa » Série : Trente-six vues du mont Fuji Fugaku Sanjūrokkei Kanagawa oki namiura Début de l’ère Tempō (vers 1830-1834) Estampe nishiki-e, format ōban 25,6 × 37,2 cm Signature : Hokusai aratame Iitsu hitsu Éditeur : Nishimura-ya Yohachi Bruxelles, Musées royaux d’Art et d’Histoire © Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles

Le Grand Palais propose jusqu'au 18 janvier prochain une grande exposition consacrée à l'artiste japonais Hokusai. Sur les 500 œuvres présentées, certaines ont été très peu montrées et d'autres ne sortiront à priori plus du Japon. Cette rétrospective est donc l'occasion d'aller découvrir ou redécouvrir l’œuvre d'Hokusai dans toute sa richesse et sa longévité. 

Pour être honnête,  je ne connaissais pas grand chose d' Hokusai avant de visiter l'exposition. Je savais juste le situer dans le temps et avais en tête son œuvre la plus célèbre, la Grande Vague ainsi que certaines de ses vues du Mont Fuji. J'étais donc impatiente d'en apprendre un peu plus sur ce mystérieux artiste.

Hokusai, un artiste hors du commun


Hokusai est né à Edo (l'actuelle Tokyo) en 1760. Il a produit au cours de sa vie plus de 30 000 dessins et est décédé en 1849 à l'âge de 89 ans. Connu mondialement sous le nom d' Hokusai, il a en fait porté une multitude de noms au cours de son existence, qu'on estime parfois à une centaine ! On retient dans sa vie artistique 6 grandes périodes de création qui correspondent chacune à un nom différent. L'exposition présente son œuvre de façon chronologique en évoquant ces 6  phases  durant lesquelles l'artiste adopte des styles bien distincts. Estampes, dessins, carnets, peintures... c'est toute la vie artistique riche et variée d'Hokusai qui est présentée ici.

La première salle est dédiée à la découverte de l'art japonais en France à la fin des années 1850 et son influence sur les artistes de l'époque. On pense à Monet et à sa grande collection d'estampes japonaises présentée dans sa maison de Giverny ou à Van Gogh, dont la peinture a été très influencée par l'art japonais. Ce ne sont que deux exemples mais il y en bien d'autres..

Les six vies d'Hokusai


Les salles suivantes sont attachées aux diverses périodes et noms de la vie artistique de l'artiste : période Shunro, celle du style Sori, période Katsushika Hokusai, période Taito, période Litsu et période Gakyo Rojin Manji. Vous me suivez toujours ? ;)

Hokusai a commencé à réaliser des estampes très jeune, vers l'âge de 15 ans. Il entre dans l'atelier du maître Katsukawa Shunsho, réputé pour ses portraits d'acteurs et de "bijin" (belles femmes), produits en série. Le maître donne à Hokusai le nom de Shunro. L'artiste réalise alors des estampes expressives et bon marché (cartes de vœux, illustrations de romans populaires...).

Katsushika Hokusai (1760 -1849) Tableau des moeurs féminines du temps Fujo fūzoku zu Ère Kansei, ans IV-VI (vers 1792-1794) 2 kakémono, shihon, diptyque 107 × 52,7 cm chacun Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art © Katsushika Hokusai Museum of ArtKatsushika Hokusai (1760 -1849) Tableau des moeurs féminines du temps Fujo fūzoku zu Ère Kansei, ans IV-VI (vers 1792-1794) 2 kakémono, shihon, diptyque 107 × 52,7 cm chacun Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art © Katsushika Hokusai Museum of Art
Katsushika Hokusai (1760 -1849) - Tableau des moeurs féminines du temps Fujo fūzoku zu - Ère Kansei, ans IV-VI (vers 1792-1794) 2 kakémono, shihon, diptyque 107 × 52,7 cm chacun - Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art - © Katsushika Hokusai Museum of Art

Lors de la période suivante, Sori, Hokusai change de style et de façon de travailler. Il ne produit plus d'estampes en série mais s'attache plutôt à réaliser des œuvres uniques, luxueuses et raffinées à destination privée. Il traverse alors une période difficile, sa femme meurt le laissant seul avec ses trois enfants. Il réalise peu d’œuvres et compose également des poèmes et des récits. C'est avec ce nouveau style qu'il se fait connaitre.

Katsushika Hokusai (1760 -1849) « Longue vue » Série : Sept manies des jeunes femmes sans élégance Fūryū nakute nanakuse Tōmegane Ère Kyōwa (1801-1804) Estampe nishiki-e, format ōban 36,5 × 25,4 cm Signature : Kakō ga Éditeur : Tsuta-ya Jūzaburō collection particulière © Galerie Sebastian Izzard LLC
Katsushika Hokusai (1760 -1849) - « Longue vue » Série : Sept manies des jeunes femmes sans élégance Fūryū nakute nanakuse Tōmegane - Ère Kyōwa (1801-1804) Estampe nishiki-e, format ōban 36,5 × 25,4 cm Signature : Kakō ga Éditeur : Tsuta-ya Jūzaburō - collection particulière - © Galerie Sebastian Izzard LLC

L'artiste prend le nom d'Hokusai en 1805 en hommage à l'étoile polaire qu'il vénère.  Cette période marque un nouveau tournant. Il renoue avec les livres populaires et réalise des illustrations pour des fictions longues. Une salle entière de l'exposition est consacrée à Hokusai manga. Un manga n'avait pas la signification d'aujourd'hui et était, à l'époque, une compilation de "dessins divers". Les mangas sont des livrets de dessins qu' Hokusai réalise pour les artistes et les artisans. Quinze carnets compilant plus de 3 900 dessins sont édités. Ces livres sont une mine d'or pour avoir une idée de la vie quotidienne de l'époque. Hokusai y transmet son expérience, ses découvertes et y dessine des plantes, des animaux, des personnages ou paysages réels ou fictifs.

Katsushika Hokusai (1760 -1849) Hokusai Manga. Carnet de croquis divers de Hokusai Hokusai manga Ère Bunka, an XI (janvier 1814) Livre edehon, format hanshibon Signature : Katsushika Hokusai hitsu Sceau : Raishin Éditeur : Eiraku-ya Tōshirō Japon, collection particulière
Katsushika Hokusai (1760 -1849) - Hokusai Manga. Carnet de croquis divers de Hokusai Hokusai manga - Ère Bunka, an XI (janvier 1814) Livre edehon, format hanshibon Signature : Katsushika Hokusai hitsu Sceau : Raishin Éditeur : Eiraku-ya Tōshirō - Japon, collection particulière

Lorsque s'ouvre la période Taito, Hokusai a 50 ans. Il se consacre alors à la réalisation de manuels de peinture et sa production d'estampes diminue.

Pendant la période Litsu, il réalise ses œuvres les plus célèbres qui le font connaître des Occidentaux. Un éditeur lui commande les fameuses 36 vues du Mont Fuji. Le succès est tel que l'éditeur en demande à l'artiste 10 de plus. Ce que j'aime dans ces estampes, c'est leurs couleurs et ce bleu si beau, obtenu grâce au bleu de Prusse venu d'Europe à partir de 1830. La célèbre "Grande Vague " est réalisée à cette période.

Katsushika Hokusai (1760 -1849) « Chōshi dans la province de Sōshū » Série : Mille images de la mer Chie no umi Sōshū chōshi Vers le début de l’ère Tempō (vers 1830-1834) Estampe nishiki-e, format chūban 18,2 × 25,6 cm Signature : Saki no Hokusai Iitsu hitsu Éditeur : Mori-ya Jihei Paris, Musée national des arts asiatiques-Guimet © Rmn-Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Olivier
Katsushika Hokusai (1760 -1849) - « Chōshi dans la province de Sōshū » Série : Mille images de la mer Chie no umi Sōshū chōshi - Vers le début de l’ère Tempō (vers 1830-1834) Estampe nishiki-e, format chūban 18,2 × 25,6 cm Signature : Saki no Hokusai Iitsu hitsu Éditeur : Mori-ya Jihei - Paris, Musée national des arts asiatiques-Guimet - © Rmn-Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Olivier

A partir de 1834, Hokusai utilise le nom de "Gakyo Rojin Manji" qui signifie littéralement "Manji, le vieil homme fou de peinture". Il se consacre alors de plus en plus à la peinture animale et végétale et réalise de nombreux kakémonos, présentés dans l'exposition.

Katsushika Hokusai (1760 -1849) Dragon dans les nuées Ryū Zu Ère Kaei, an II (1849) Kakémono, shihon 102,5 × 42,5 cm Signature : Kyūjū Rōjin Manji hitsu Sceau : hyaku Paris, Musée national des arts asiatiques-Guimet © Musée Guimet, Paris, dist. Rmn-Grand Palais / Thierry Ollivier
Katsushika Hokusai (1760 -1849) - Dragon dans les nuées Ryū Zu - Ère Kaei, an II (1849) Kakémono, shihon 102,5 × 42,5 cm Signature : Kyūjū Rōjin Manji hitsu Sceau : hyaku - Paris, Musée national des arts asiatiques-Guimet - © Musée Guimet, Paris, dist. Rmn-Grand Palais / Thierry Ollivier

L'exposition se termine avec une très belle citation de l'artiste  : 

"Vers l'âge de 50 ans, j'avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j'ai produit avant l'âge de 70 ans ne vaut pas la peine d'être compté. C'est à l'âge de 73 ans que j'ai compris à peu près la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. Par conséquent, à l'âge de 80 ans, j'aurai encore fait plus de progrès. A 90 ans, je pénétrerai le mystère des choses. A 100 ans, je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et quand j'aurai 110 ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant."
 
Bonus : une vidéo présente en images les différentes étapes de la réalisation d'une estampe. passionnant !

Le bilan ?
L'exposition Hokusai proposée par le Grand Palais est très riche et met parfaitement en valeur l'ensemble de l’œuvre de cet artiste japonais hors du commun. Il y a énormément d’œuvres présentées, tellement qu'une seule visite ne semble pas suffisante pour découvrir complètement l'exposition. Les estampes et dessins sont d'une telle finesse qu'il y a beaucoup de détails à observer. J'avoue que j'ai eu du mal à rester concentrée jusqu'au bout, le succès de l'exposition et le monde dans les salles y sont pour beaucoup.

A savoir : Étant donné la fragilité des œuvres présentées, l'exposition se divise en deux parties. Il y a donc une période de relâche entre le 21 et le 30 novembre pour procéder au remplacement de certains dessins et estampes.

Infos pratiques :
Du 1er octobre au 20 novembre 2014.
Puis du 1er décembre 2014 au 18 janvier 2015.
Tous les jours sauf le mardi. Fermé le 25 décembre.
Plein tarif : 13 € (tarif réduit : 9 €)

Un conseil ? Pensez à réserver vos billets à l'avance. J'y suis allée en semaine à l'heure du déjeuner et j'ai attendu 1 heure avant de rentrer dans le musée.


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vendredi 24 octobre 2014

Prague : le Pont Charles et la Mala Strana

Prague - Mala Strana

Il est temps que je vous raconte mon road-trip en Europe de l'Est. Après un repos bien mérité après nos 12 heures de voiture la veille, on est d'attaque pour partir à la découverte de Prague. On a décidé de passer deux jours dans la ville. C'est court mais on préfère passer un maximum de temps en Pologne, la prochaine étape du voyage.

On décide d'aller voir le Pont Charles (comme c'est original !) et d'arpenter le quartier romantique et baroque de la Mala Strana. 

Le Pont Charles


Le Pont Charles fut le premier pont de pierre de Prague et a été, jusqu'au XIXème siècle, le seul pont reliant les deux rives de la Vltava. On a tous en tête ces images de cartes postales du pont dans la brume avec une lumière incroyable et quelques passants à peine le traversant. La réalité est bien différente : le pont est assailli par les touristes et les vendeurs de bibelots/cartes postales et autres objets complètement kitschs. On a juste pris le temps de regarder un peu les immenses statues qui veillent sur le pont et on a filé de l'autre côté.

Prague - Pont Charles

 

L'église Saint Nicolas


Qualifiée de "décor d'opéra" par notre guide, on se laisse tenter par la visite de l'église Saint-Nicolas. Effectivement, l'intérieur est incontestablement baroque et le décor très chargé. La visite est payante mais plutôt intéressante, on a la possibilité de monter dans la galerie supérieure depuis laquelle on a une très belle vue sur l'orgue, l'intérieur de l'église et les fresques qui ornent les voûtes.

Prague - Mala Strana - eglise Saint Nicolas
Prague - Mala Strana - eglise Saint Nicolas

Les jardins sous le château


On poursuit notre découverte avec la visite des jardins sous le château, créés par des architectes italiens aux XVIIème et XVIIIème siècles. C'est très beau. Les jardins sont étagés, plus on grimpe, plus on découvre une vue dégagée sur la ville. Et on a même eu droit à de vrais rayons de soleil (les seuls de la journée). Terrasses, parterres, fontaines, vignes et fleurs, ce jardin est un petit morceau d'Italie au cœur de Prague.

Prague - Mala Strana - jardins sous le château
Prague - Mala Strana - jardins sous le château
Prague - Mala Strana - jardins sous le château
Prague - Mala Strana - jardins sous le château

Les ruelles de la Mala Strana


L'intérêt de ce joli quartier, c'est aussi son dédale de ruelles pavées aux façades colorées et décorées. Alors on est parti dans un sens, puis dans l'autre, on a flâné dans les rues le nez en l'air pour rejoindre l'île Kampa. On a fait des pauses, on a profité des jolies terrasses du quartier. On a croisé sur notre route le mur dédié à John Lennon depuis les années 1980, symbole de liberté et de paix.

Prague - Mala StranaPrague - Mala Strana
Prague - Mala Strana
Prague - Mala StranaPrague - Mala Strana
Prague - Mala Strana
Prague - Mala Strana - façade
Prague - Mala Strana - porte
Prague - Mala Strana - café de ParisPrague - Mala Strana - tram
Prague - Mala Strana - porte
Prague - Mala StranaPrague - Mala Strana - terrasse
Prague - Mala Strana - mur John Lennon
Prague - Mala Strana
Prague - Mala Strana

 

L'Ile Kampa


On termine notre découverte du quartier s'achève avec une balade sur l'île Kampa dont "le romantisme semble irrésistible" selon notre guide. Certes les ruelles sont jolies, les petites terrasses vivantes et le parc paisible et agréable mais on cherche toujours le "romantisme irrésistible" (ou alors c'est nous qui ne sommes pas assez romantiques ;)  De là, on a néanmoins une très belle vue sur l'autre rive, celle qui nous attend demain. On a retraversé le Pont Charles, il s'est mis à pleuvoir de plus en plus fort, on n'a pas eu d'autre choix que de se mettre à l'abri. Demain, peut être qu'il fera beau (ou peut être pas...).

Vue sur Prague depuis l'île Kampaaa
Prague - ile Kampa - pingouins
Prague - Pont Charles - brume

Infos pratiques :

Prague - quartier de la Mala Strana
Eglise Saint Nicolas : entrée payante : 70 kc (soit environ 2,50€ par personne)
Les Jardins sous le château : entrée payante : 80 kc (soit environ 3 € par personne).


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