vendredi 17 février 2017

Birmanie : en passant par le Lac Inle...


Je reprends le fil de mon voyage birman. De nos 5 jours à Kengtung, je garde le cœur serré en repensant à tous ces sourires rencontrés au gré de nos balades et pérégrinations dans l'état Shan. La route autour de Kengtung est interdite aux étrangers, on n'a donc pas d'autres choix que celui de quitter la région par avion. Je n'ai pas la phobie de l'avion mais les deux vols qui nous attendent me rendent quelque peu nerveuse. Dès l'entrée dans l'aéroport, j'attrape un peu chaud, tout y a l'air factice et rien ne semble  avoir bougé depuis des années. Notre pilote a les dents rouges foncées, teintées par le betel qu'il mâche en permanence mais je reste zen...TOUT va bien se passer !

Et effectivement, les deux vols se passent plutôt bien mais je suis bien contente de poser mes deux pieds sur la terre ferme à Nyaungschwe.  On rejoint en taxi notre guest house, le temps de poser nos sacs et d'aller manger un morceau.

Mais où est donc passée la Birmanie ?
Il me faut à peine quelques minutes pour réaliser que Kengtung est désormais bien loin. Plus besoin de lampes de poches pour chercher notre route dans la nuit, ici les routes sont balisées, les restos et les bars ont des enseignes lumineuses et sont remplis d'étudiants australiens à moitié (complètement) alcoolisés. Adieu les nouilles Shan, bonjour les plats occidentalisés et les bars à cocktails. On se laisse prendre au jeu, rires, bonne humeur et mojitos sont au programme de la soirée. En regardant le décor autour de nous, je me dis qu'on pourrait être n'importe où dans le Monde et j'ai même l'impression d'avoir changé de pays en quelques heures à peine.


Le lac Inle, entre tourisme, rencontres et découvertes


Notre boat-driver vient nous chercher à la guest-house le lendemain matin. Il ne parle absolument pas anglais, on ne maitrise pas du tout le birman, il nous reste le sourire et les gestes. Difficile de se comprendre dans ces conditions alors on se laisse guider. On pensait qu'il nous amènerait directement au marché mais que nenni. On fait plusieurs arrêts successifs dans des ateliers/boutiques/attrape-touristes (au choix). On a le droit à une petite visite à chaque fois mais les guides ont l'air tellement blasés qu'on a du mal à s'y intéresser. Certes, les produits présentés sont plutôt jolis mais les prix sont exorbitants. Notre bateau atteint enfin le marché mais malheureusement un peu tard. Il est 10h15 et, déjà, les vendeurs commencent à remballer. On achète clémentines et cacahuètes et on amorce le contact avec un groupes de femmes Pao. Leurs sourires sont éclatants. L'une d'elles, après quelques hésitations, accepte de poser pour Steph. Et moi, j'observe la scène. D'abord intriguée et quelque peu méfiante, la jeune modèle semble piquée de curiosité. Un grand sourire laisse rapidement place à la méfiance et même une certaine fierté. Le pouvoir du dessin m'impressionne et ce n'est que le début !


Après les regards intrigués et curieux et les sourires, vient le temps des échanges (heureusement qu'on a révisé un peu et qu'on réussit désormais à baragouiner quelques mots birmans) "Comment t'appelles-tu ? Quel âge as-tu ? Es tu mariée ? As tu des enfants? " On a toutes quasiment le même âge et des vies tellement différentes. Au sein du groupe, il y a Muflabau (prononcez Mouflaba-o), ses cheveux poivre et sel, son visage ridé mais si doux et son turban jaune moutarde assorti à son si joli gilet. Muflabau a un visage comme ceux que j'aime et qui m'inspirent, doux, ridé et tellement expressif. Un regard que j'essaierai d'immortaliser à mon retour à Paris. Un regard et un sourire que je n'oublierai pas. On échange des polaroids, une jolie façon de se dire au revoir, un petit rituel désormais.


Du marché, on monte jusqu'à la pagode bâtie sur un promontoire. Les temples boudhistes et les pagodes sont une grande découverte pour moi qui foule mes premiers pas sur le sol asiatique. Je reconnais avoir du mal à trouver du charme à ces bâtiments plutôt kitsch et clinquants. Boudha est cerné de guirlandes lumineuses multicolores et clignotantes et de murs peints d'une couleur dorée. Mais la suite du voyage devrait me réserver de belles découvertes et des sites archéologiques plus charmeurs (pour mes yeux d'amoureuse du patrimoine tout du moins). Car la notion de patrimoine ne semble pas être arrivée jusqu'en Birmanie. Peu de bâtiments semblent être entretenus. Ici on ne restaure pas, on reconstruit. Mais affirmer que ces sites sont dénués de charme serait mentir, il faut reconnaître que marcher et évoluer autour de la pagode au son des centaines de petites cloches suspendues aux stupas a quelque chose de magique.


Après un déjeuner exquis et des retrouvailles incroyables au beau milieu du lac (mais ça c'est une autre histoire), on prend le chemin du retour vers Nyaungschwe.  Comme à l'aller, on n'échappe pas aux visites d'ateliers et de boutiques mais on réussit à en éviter certaines non sans une certaine satisfaction.


Et puis au coucher du soleil, le bateau ralentit et les pêcheurs s'approchent en multipliant les figures plus ou moins acrobatiques et les poses plus ou moins naturelles autour de nous. Les photos parlent d'elles-mêmes je crois.  La journée se termine donc comme celle de la veille : en éclats de rires ! 



Je ne sais pas vraiment quoi penser de ces photos, prises entre contre- jour et coucher de soleil mais je crois que je les aime bien quand même (et puis en 2017, j'ai décidé d'arrêter de me prendre (trop) la tête. Ratées ou pas elles retranscrivent finalement pas trop mal cette tranche de souvenirs birmans ;)

  
Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 29 janvier 2017

Ma Côte d'Opale : morceaux d'enfance


Je crois que je suis quelqu'un de parfois un peu trop nostalgique. Je reste profondément attachée à mes souvenirs d'enfance et à toutes ces vacances passées avec mes grands parents puis avec ma grand mère sur la Côte d'Opale.

Je voue donc un attachement sans borne à "ma" Côte d'Opale que j'aime tant. Y retourner est toujours pour moi une grande source de joie mais d'un peu de tristesse aussi en pensant à ceux qui ne sont plus là aujourd'hui. J'y retourne de temps en temps, quand l'envie de prendre un grand bol d'air frais est trop forte, sur les pas de mon enfance et de ceux de ma grand-mère. Je commence donc ce billet  - un peu plus personnel que ceux que je publie d'habitude - sans savoir vraiment quelle orientation lui donner.  Un billet peut être sans queue ni tête, juste une compilation de souvenirs, précieux assurément et joyeux, toujours.

Quand j'étais petite, je passais une partie de mes vacances sur la Côte d'Opale. Avec ma sœur, on mettait dans nos valises nos vêtements les plus usés et/ou les plus moches et on passait nos journées à faire du patin à roulettes, à dévaler les dunes avec nos luges en plastique et à creuser des trous dans le sable toujours plus grands. Car la maison avait été construite sur un morceau de dune. Alors pas de pelouse dans le jardin mais juste du sable. Un terrain de jeu magique quand on a 5 ans, un bac à sable géant juste pour nous. 

On passait nos journées à pelleter et à creuser des trous toujours plus profonds, toujours plus grands. Des trous qui se transformaient en maison, avec une entrée, un coin cuisine et des bancs. Des trous desquels nos têtes dépassaient à peine, voire plus du tout au bout de quelques jours de travail. Des trous que ma grand mère rebouchait un peu, de peur qu'il nous arrive quelque chose.


On passait des journées entières dans le jardin. Parfois, on s'en échappait un peu en trainant nos luges derrière nous pour aller dévaler les dunes pas très loin de la maison. Et puis des lotissements ont été construits et les dunes ont disparu. Alors on allait chercher d'autres dunes, ailleurs, un peu plus loin, encore plus grandes, encore plus hautes. On mettait les luges dans la twingo et on partait à l'assaut d'une dune de compétition repérée par ma grand mère, à quelques mètres à peine de la plage. L'ascension n'était pas toujours facile, on glissait, on soufflait mais la descente qui s'annonçait en valait la peine. Ma grand mère nous regardait du bas et essayait, tant bien que mal, de nous prendre en photo. La descente était très rapide, parfois un peu ratée mais pas autant que les photos qu'essayait en vain de prendre ma grand mère et sur lesquelles apparaissaient au développement (et au choix) : un morceau de dune, un pied, une tête ou une luge sans passager. Ces photos qu'on aimait quand même et qui nous faisaient beaucoup rire. 

Mais pas autant que ma grand mère. Car ma grand mère était une "rigolote", toujours prête à nous amuser. Les vacances à Stella s'annonçaient toujours joyeuses, gourmandes et pleines de fous rires. Ma grand mère était capable de faire trois fois le tour d'un rond point pour rouler dans des flaques ou de monter intentionnellement avec la voiture sur la bordure d'un trottoir pour nous faire rire. Elle revenait des courses les bras chargés de palets de dame, de brioches et de kinder surprise pour le goûter. On a mangé des oeufs Kinder pendant des dizaines d'années, on a monté un nombre incalculable  de voitures, d'hélicoptères, de bateaux et autres jouets  et je crois bien que ça l'amusait autant que nous. Ma grand mère était une vrai gourmande  qui aimait grignoter plus que de manger. Je ne dois pas chercher très loin quand je m'interroge sur l'origine de mon amour pour le chocolat, les biscuits et la pâte d'amande. Je crois que c'est un peu dans mes gênes.


Et puis, il y avait le temps des jeux de sociétés, des questions du Trivial Pursuit un peu trop difficiles pour nous, du Master Mind dont ma sœur était la reine et du Nain Jaune, source de parties endiablées et de fous rires permanents. A ce jeu là, ma grand mère était un peu plus chanceuse qu'aux autres jeux, chance qui lui avait valu le surnom de "Mamie Picsou" pendant quelques temps. Les années ont passé, le Nain Jaune a été remplacé par le scrabble et c'était bien aussi.

Mais notre terrain de jeux privilégié restait le jardin qu'on avait rarement envie de quitter sauf pour aller manger une petite crêpe au Touquet. Le rituel était toujours le même : on s'habillait un peu mieux que d'habitude, on garait la voiture devant l'Aqualud, on remontait la rue Saint Jean et on s'arrêtait pour manger une crêpe au sucre ou au chocolat toujours au même endroit. Après le goûter, on était toujours impatientes de retrouver la maison, de repartir en patins à roulettes sur la piste cyclable ou de creuser et creuser encore dans le sable pendant des heures avec nos pelles de compét.

Il n'y avait pas une saison sans vacances à Stella, sauf en été où on prenait la direction de la Bretagne. Les parents restaient dans le Nord pour travailler et nous on partait en vacances avec Mamie, une vraie fête à chaque fois. Pendant les vacances d'automne, on creusait des trous dans le sable et on dévalait les dunes, en hiver on allait observer les motards de l'Enduro dans le goulet avant de rentrer à la maison pour un grand bol de chocolat qui réchauffait et au printemps, on retirait les chaussettes pour marcher pieds nus sur la grande plage.


Cette grande plage, si caractéristique de la mer du Nord sur laquelle j'aime marcher pendant des heures encore aujourd'hui. Une plage si belle, bordée de dunes plantées d'oyats sur lesquelles évoluent chars à voile et cavaliers. Une plage déserte en hiver qui reprend vie en été avec son club Mickey, ses coupe-vent rayés et colorés, ses enfants qui s'amusent dans les bâches et ses baigneurs qui essaient tant bien que mal de nager dans quelques dizaines de centimètres d'eau.

"Ma" Côte d'Opale aujourd'hui, c'est cette grande et belle plage que j'aime retrouver dès que j'en ai l'occasion. Les dunes et les oyats, endroit parfait pour le pique-nique à l'abri du vent. La boulangerie dans laquelle j'aime acheter une ficelle pour le petit déjeuner. Les palets de dame faits en si petite quantité le dimanche et les "pouvez-vous m'en mettre 4 de côté s'il vous plait? Je passerai les chercher tout à l'heure". Les paquets de gaufres à la cassonade bien plus goûteuses que celles de chez Meert. Les crevettes grises, si pénibles à décortiquer mais si bonnes avec un peu de pain et de beurre salé. Les balades sur la piste cyclable qui n'en est pas vraiment une. Les pommes de pins qu'on ne peut s'empêcher de ramasser sur le chemin de la plage. La maison qui n'est plus à nous et devant laquelle je me sens incapable de passer.

Nostalgique, moi ? Un peu trop sans doute...



Toutes les photos ont été prises un après midi d'automne avec mon téléphone. Mon réflex n'est pas sorti de mon sac depuis longtemps. En 2017, je reprends les choses en main.





Rendez-vous sur Hellocoton !