jeudi 15 octobre 2015

Lille Renaissance, c'est parti !

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D'habitude, les blog-trips m'emmènent dans des destinations inconnues ou presque. Cette fois-ci, c'était un peu différent. J'ai débarqué sur un quai de la gare Lille Flandres avec le sourire aux lèvres et cette sensation étrange d'être une touriste dans ma propre ville. J'ai regardé autour de moi, j'ai levé les yeux et j'ai vu ces petits nuages suspendus aux voûtes de la gare... un accueil contemporain et créatif, annonciateur d'un week-end haut en couleurs : l'ouverture de Lille Renaissance.

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J'ai remonté l'avenue Faidherbe métamorphosée, j'ai longé la vieille bourse et j'ai emprunté la rue de la Monnaie avec la sensation de rentrer à la maison. Quel plaisir de retrouver Lille, de scruter les façades à la recherche d'un détail inconnu et de me demander pourquoi je n'ai jamais pris le temps de photographier ces ruelles que j'aime tant. Le lancement festif et coloré de Lille Renaissance était l'occasion parfaite pour rattraper ça !


Mais Lille Renaissance, qu'est-ce que c'est ?


En 2004, Lille devient capitale européenne de la Culture. La ville se transforme et propose toute l'année des expositions, des métamorphoses et des évènements culturels. Forte de cette expérience, Lille décide de poursuivre sur sa lancée et son dynamisme et de proposer, tous les 3 ans, quelques mois de fêtes, d'expositions et d'évènements culturels. Cette année, le thème choisi est "Renaissance" et met en lumière plusieurs villes du Monde : Détroit, Séoul, Phnom Penh ... Des métamorphoses et expositions sont proposées dans les quatre coins de la ville et dans la métropole lilloise.

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Une parade d'ouverture à plumes, à poil et à paillettes  !

Le dress-code de la soirée d'ouverture de Lille Renaissance annonçait la couleur : à plumes, à poils et à paillettes. La parade marque l'ouverture du "festival". Dinosaure gonflable, marionnettes géantes, danseuses de samba, géants et groupes de zumba se sont succédés sur le parcours.  Du haut de mon 1,60 m, difficile de profiter du spectacle et de prendre des photos.  Mais , privilégiés que nous sommes, nous avons pu monter sur la terrasse de l'Opéra pour admirer le spectacle et la foule présente dans la ville ... magique ! Un des plus beaux moments de ma soirée.

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On est ensuite parti vers le quai du Wault puis vers l'esplanade pour voir le feu d'artifice qui, je l'avoue, ne m'a pas laissé un souvenir impérissable... La marche, ça creuse. On a terminé la soirée avec un bon repas du ch'Nord : un welsh et des frites.


Lille Renaissance : que voir ? que faire ?


Prendre son temps...

Si vous avez envie de découvrir Lille et de profiter des festivités, un week-end ne suffira peut être pas.  Le plus difficile sera sans doute de faire des choix puisque ce ne sont pas moins de 25 expositions et 16 métamorphoses qui sont proposées pendant trois mois dans la ville ! Si je n'ai qu'un conseil à vous donner, c'est de repérer à l'avance les installations et autres évènements qui vous intéressent et d'en sélectionner quelques uns que vous souhaitez voir absolument. Les expositions proposées sont riches, variées, étonnantes et émouvantes et méritent qu'on leur accorde du temps.


Quand Lille se métamorphose... 
Pendant trois mois, Lille se métamorphose avec des installations éphémères à découvrir partout dans la ville. Des installations contemporaines qui changent certains lieux de manière étonnante ou ajoutent une petite touche de folie à certaines rues, façades, musées ou centres commerciaux. Partir sur leur piste est une bonne façon de découvrir ou redécouvrir la ville. J'ai aimé particulièrement le lotus de l'artiste coréen Choi Jeong Hwa installé dans la cour de l'Hospice Comtesse et le collage de JR sur la façade de la Voix du Nord.

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Des expos, des expos et encore des expos !

Pendant quatre mois, plusieurs expositions sont proposées et consacrées à différentes villes du Monde en pleine renaissance. Ainsi, Détroit, Pnom Penh, Eindhoven ou Séoul sont mises en lumière mais pas que ! Le plus difficile est sans aucun doute de choisir lesquelles découvrir. Pendant le week-end, vous vous doutez que je n'ai pas eu le temps de toutes les visiter, je ne peux donc évoquer aujourd'hui que celles que j'ai vues parfois (trop) rapidement malheureusement.

Séoul, vite, vite !  et Tu dois changer ta vie ! au Tri Postal

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Amateurs d'art contemporain, ce lieu est fait pour vous ! J'aime toujours les expositions proposées au Tri Postal. Le bâtiment, consacré à l'origine au tri du courrier, est immense et accueille des créations contemporaines audacieuses et surprenantes. Dans le cadre de Lille Renaissance, le lieu accueille des artistes sud-coréens aux travaux variés, colorés et étonnants. Si vous souhaitez y aller, un conseil : prévoyez du temps pour profiter des installations comme il se doit.  Photos, sculptures, automates, labyrinthe et explosions de couleurs vous y attendent  sur une surface de 6 000 m2.

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Expositions "Seoul, vite, vite ! " et "Tu dois changer ta vie ! "
Tri Postal (dit "Tripo")  - avenue Willy Brandt  - Lille
Jusqu'au 17 janvier 2016 - de 10h à 19 h



Détroit à la Gare Saint Sauveur

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Cette exposition, consacrée à la ville américaine en pleine renaissance, présente des artistes n'ayant, pour la plupart, jamais exposé en France. Là encore photos, installations, vidéos, musiques et montages se côtoient dans cette ancienne gare lilloise. Un bel espace dans lequel on prend le temps d'observer, d'écouter et de s'immerger dans une ville à l'histoire mouvementée.

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Exposition "Détroit"
Gare Saint Sauveur (dite "Saint So") - boulevard Jean-Baptiste Lebas - Lille
Jusqu'au 17 janvier 2016 - du mercredi au dimanche de 12h à 19h

 

Phnom Penh à l'Hospice Comtesse

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Cette exposition qui nous emmène dans la capitale cambodgienne fait partie de mes coups de cœur même si je n'ai pas eu le temps d'en profiter pleinement.  J'ai particulièrement aimé les séries de photographies qui sont présentées dans cette exposition qui en met en lumière la riche et singulière scène artistique cambodgienne. Si vous souhaitez découvrir cette exposition, profitez en pour visiter le lieu qui l'accueille : l'Hospice Comtesse, ancien hôpital médiéval qui est l'un des plus jolis bâtiments de la non moins jolie rue de la Monnaie (sur la photo, la chapelle de l'établissement).
Exposition "Pnhom Penh" 
Hospice Comtesse - rue de la Monnaie - Lille
Jusqu'au 17 janvier 2016 
Le lundi de 14h à 18h et du mardi au dimanche de 10h à 18h 


Vous l'aurez compris, ces coups de cœur ne sont qu'un tout petit aperçu des festivités et évènements en cours. Lille est une ville culturelle, festive et très gourmande aussi. Alors, je vous donne rendez-vous très vite avec un billet rempli de bonnes adresses !

Mais avant, racontez moi tout : vous connaissez Lille ? Vous avez envie de venir découvrir les  métamorphoses et expositions de Lille Renaissance ?

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Venir à Lille 
Lille est facilement accessible en train et est desservie par deux gares : Lille Flandres et Lille Europe.
Lille est également accessible en avion via l'aéroport de Lesquin.

Lille Renaissance - jusqu'au 17 janvier 2016
Toutes les informations pratiques sur l'évènement sont sur le site de Lille Renaissance.
Des pass proposent des accès libres et illimités aux expositions et des tarifs réduits dans de nombreux site.

Cet article est rédigé suite à l'invitation des offices de tourisme de Lille et de Roubaix à découvrir le lancement de "Lille-Renaissance". Cependant, toutes les opinions et avis exprimés ici me sont propres. Merci beaucoup à Audrey et Florence pour leurs sourires et leur accueil chaleureux. Et merci aussi à mes compagnons-blogueurs de week-end pour leur bonne humeur :)


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mercredi 19 août 2015

Expo : visiter la grotte de Lascaux sans quitter Paris !


Aujourd'hui, je vous invite à un aller-retour express dans le Périgord mais surtout à un fabuleux voyage dans le temps. Jusqu'au 30 août prochain, le Parc des Expositions propose de partir à la découverte de la grotte de Lascaux sans quitter Paris, vous me suivez pour la visite ?

Lascaux, un site exceptionnel et fragile


Je suppose que vous connaissez tous l'histoire de la découverte de la grotte de Lascaux mais je ne résiste pas à l'envie de la raconter quand même. En septembre 1940, quatre adolescents, Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agniel et Simon Coencas découvrent la grotte par hasard lors d'une balade à Montignac. Ils y reviendront plusieurs fois avant d'en parler à leur ancien instituteur, Léon Laval qui avertit rapidement le préhistorien Henri Breuil de la découverte.

Très vite, les visiteurs afflux sur le site, curieux de découvrir la "Chapelle Sixtine de la Préhistoire", comme l'a surnommée l'Abbé Breuil. Mais la situation devient vite ingérable et la grotte de Lascaux est fermée à la visite. Seuls les préhistoriens et scientifiques peuvent accéder au site afin de réaliser les premiers relevés et études. Le premier inventaire réalisé recense 1500 figures animales et signes.


En 1948, le site est aménagé et ré-ouvert au public mais, dès l'année suivante, des tâches noires et vertes apparaissent sur les parois de la grotte. Les visiteurs perturbent l'équilibre du site et le mettent en danger. C'est le début d'une surveillance permanente.

En 1963, la grotte accueille jusqu'à 1 500 visiteurs par jour. C'est beaucoup plus que ce que le site, qui se dégrade un peu plus chaque jour, ne peut en supporter. La grotte de Lascaux est alors définitivement fermée au public pour assurer sa préservation et sa pérennité.

Lascaux 1, 2, 3 et bientôt 4 ! 


En 1972, le ministère de la Culture donne son accord pour la création d'un fac-similé à quelques centaines de mètres de la grotte originale pour permettre au public de redécouvrir le site. Lascaux II reproduit une partie seulement de la grotte est ouvre ses portes en 1983. J'ai eu la chance de visiter Lascaux II il y a quelques années (merci Mélanie !) et je dois dire que le rendu est assez impressionnant. L'émotion est palpable pendant la visite et on en vient même à (presque) oublier que ce que l'on a sous nos yeux n'est qu'une copie.

Depuis 1983, Lascaux II a déjà accueilli 10 millions de visiteurs. Mais, trop proche du site original, elle contribue à la mise en péril de Lascaux I.


Et Lascaux III ? Et bien Lascaux III, c'est l'exposition présentée en ce moment au parc des Expositions. Je l'avoue, j'ai compris ça seulement au moment de ma visite... Après avoir traversé l'Atlantique jusqu'aux Etats-Unis et au Canada, l'exposition poursuivra sa tournée internationale en Suisse, en Corée du Sud puis au Japon en 2016. Un beau voyage pour Lascaux, reconnue comme patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1979.

Un nouveau site, Lascaux IV, verra bientôt le jour en Dordogne. Un grand projet qui s'installera à quelques kilomètres du site original et qui proposera un fac-similé de la totalité de la grotte. Rendez-vous donc dans le Périgord en 2016 !

Lascaux III, une exposition interactive et très pédagogique  


Je ne vais pas vous mentir, l'émotion en visitant l'exposition n'est pas la même qu'en découvrant Lascaux II. Mais, de par l'interactivité proposée tout au long de la visite, je l'ai trouvée très pédagogique. Je n'ai pas d'enfants mais si ça a avait été le cas, je les aurais amenés avec moi sans aucune hésitation !


L'exposition présente toutes les facettes du site, de sa découverte à la réalisation du travail de copie en passant par les relevés et les études des figures présentes dans la grotte, vieilles de 17 000 à 20 000 ans. Bouquetins, vaches, bisons, aurochs et bien d'autres figures ornent les parois de Lascaux.
Un film en 3D nous emmène dans la grotte mais surtout, des reproductions de figures grandeur nature permettent de nous projeter (un peu) sur le site. Tout au long du parcours, jeux, tablettes et écrans tactiles proposent des activités à faire seul ou en famille. Certains sont même proposés en double, une bonne idée pour les jours de forte affluence !

J'arrête là ce billet-fleuve (lancez moi sur le patrimoine et je ne m'arrête plus ! ) mais, vous l'aurez compris, je vous conseille la visite de cette exposition qui nous apprend beaucoup sur Lascaux et qui me donne envie de repartir en Dordogne pour explorer d'autres grottes préhistoriques.


Je finirai juste sur cette petite phrase présente dans l'exposition  :

 "Nous sommes tous des Cro-Magnons" *

Et vous, vous avez déjà visité la grotte de Lascaux ? Vous êtes tentés par l'exposition ?

Exposition Lascaux à Paris
Parc des Expositions - Pavillon 8/B
1 place de la Porte de Versailles - Paris 15
Jusqu'au 30 août 2015 - tous les jours de 10h à 19h (dernière entrée à 18h)
Tarif  : 15,90 €
Accès : métro (ligne 12) ou Tram 2 (arrêt Porte de Versailles)


* Un Cro-Magnon habillé avec un jean, un tee-shirt, une paire de baskets est exactement comme nous ;)

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mardi 20 janvier 2015

Exposition Niki de Saint-Phalle au Grand Palais

Niki de Saint Phalle - nana

Jusqu'au 2 février prochain, le Grand Palais propose une exposition consacrée à Niki de Saint Phalle. De l'artiste, je ne connaissais que ses célèbres "nanas" qui ne sont pourtant qu'une facette de son œuvre. Car pendant 50 ans , Niki de Saint Phalle a créé sans relâche une œuvre évolutive, engagée, complexe et sans cesse renouvelée.

Niki de Saint-Phalle, une artiste autodidacte


Née en 1930 d'un père français et d'une mère américaine, Catherine Marie Agnès Fal de Saint Phalle, est élevée dans une famille bourgeoise et catholique aux Etats Unis. La vie de famille est très difficile, Niki révèlera plus tard avoir été violée par son père à l'âge de 11 ans. Elle se marie très jeune avec le poète américain Harry Matthews avec lequel elle a deux enfants. Le couple s'installe à Paris. La vie de Niki parait toute tracée mais en 1953, elle fait l'objet de graves crises d'angoisse et est internée 2 mois en hôpital psychiatrique. C'est là qu'elle commence à faire des dessins et des collages. Niki trouve sa voie : elle sera artiste.

Niki de Saint Phalle
Niki de Saint Phalle

Niki se lance dans l'art plastique tout en gagnant sa vie comme mannequin. Elle ne prend aucun cours, ne suit aucune école mais s'inspire des artistes contemporains qu'elle côtoie à Paris et de l'art américain. Niki est autodidacte. Ses œuvres font écho  à sa situation personnelle, à ses moments difficiles ou à la situation de la femme dans le Monde. Une artiste autodidacte et engagée.

"J'ai décidé d'être très tôt une héroïne. Qui serai-je ? Georges Sand ? Jeanne d'Arc ? Un Napoléon en jupons ? Qu'importe ce que je serais ! L'important était que ce fût difficile, grand, excitant. "

L'exposition présente la série Les tirs, que Niki réalise au début des années 60. L'artiste raconte que l'origine de cette série est une déception sentimentale. Pour son Saint Sébastien, elle dit que " C'est une pièce vaudou. Un exorcisme. J'avais quelqu'un dans la peau qui, je le savais, n'était pas bon pour moi. Ma manière de sortir de cette relation : je lui ai volé une chemise. Je l'ai collée sur un panneau. J'ai mis une cible pour la tête et je l'ai tué d'une manière rituelle en lui lançant des fléchettes. Ça m'a guérie très rapidement." Pour toute cette série, Niki colle des objets sur une toile, elle place en dessous des sacs remplis de couleurs et recouvre le tout de plâtre blanc. Les balles qu'elle tire sur la toile libèrent la peinture. Dès que le résultat lui convient, elle arrête les tirs. Ces performances artistiques sont prises en photos et filmées (un film est diffusé dans l'exposition).

Niki de Saint Phalle - les tirs
Niki de Saint Phalle - les tirsNiki de Saint Phalle - les tirs

 

"Je m'appelle Niki de Saint Phalle et je fais des sculptures monumentales"



En 1963, Niki de Saint Phalle s'installe avec Jean Tinguely à Paris et commence à réaliser des sculptures de grandes envergures. Des représentations de femmes, qui ont une place importante dans son œuvre et qui en sont même l'élément central.  L'exposition montre ces représentations de prostituées, de mariées, d'accouchements composées d'une multitude d'objets en plastique, de jouets, de grillage, de peinture... Des œuvres complexes dont la signification est difficilement perceptible et qui m'ont laissée un peu perplexe je l'avoue...

Niki de Saint Phalle

Les nanas de Niki  de Saint Phalle


" Après les Tirs, la colère était partie mais il restait la souffrance ; puis la souffrance est partie et je me suis retrouvée dans l'atelier à faire des créatures joyeuses à la gloire de la femme."

Niki de Saint Phalle crée ses premières nanas, faites de tissu et de papier collé,  dès 1964. Elles sont danseuses, patineuses et ont des formes rondes et voluptueuses. Les nanas représentent les femmes, leurs revendications, leur situation dans un monde en mutation. A travers son œuvre, l'artiste dénonce la société patriarcale et le racisme. Les nanas s'exportent, se diffusent sur des supports multiples à l'image des nanas-ballons présentées dans l'exposition.

Niki de Saint Phalle  - nanas
Niki de Saint Phalle  - nanaNiki de Saint Phalle  - nanasNiki de Saint Phalle  - nanaNiki de Saint Phalle  - nanaNiki de Saint Phalle  - nanas ballons

Après les nanas sculptures, Niki de Saint Phalle se lance dans la création de nanas architecturales. Les nanas deviennent monuments. En 1966, à Stockolm, la nana, baptisée Hon, devient une véritable attraction. Les visiteurs y entrent, montent sur la terrasse, vont au cinéma ou prennent un verre au Milk Bar.

Hon n'est qu'un début, Niki poursuit ses créations aux dimensions toujours plus grandes. A partir de 1978, elle réalise en Toscane Le Jardin des Tarots, un ensemble de sculptures monumentales qui n'est pas sans rappeler le travail de Gaudi.  L'artiste s'installe et vit dans l'une d'elles, l'Impératrice, pendant quelques temps. L'exposition projette en boucle la vidéo ci-dessous, c'est assez fascinant  !


L'exposition du Grand Palais est très grande et très complète, à l'image de l’œuvre de Niki de Saint Phalle. Après les nanas, on découvre une autre série créée par l'artiste :  celle des mères dévorantes qui livre une vision sombre et pessimiste des relations familiales. Les personnages représentés sont grossiers et caricaturaux.

Niki de Saint Phalle  - les mères dévorantes
Niki de Saint Phalle  - les mères dévorantes

Le rêve de Diane, présenté pour la première fois au public, est  lui plus optimiste et très coloré.

Niki de Saint Phalle - le rêve de Diane

L'exposition proposée par le Grand Palais présente toute la richesse et les multiples facettes de l'immense œuvre de Niki de Saint Phalle. Une oeuvre complexe d'une artiste féministe, engagée et résolument avant-gardiste.

Exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais
Jusqu'au 2 février 2015
Tarif plein : 13 € (réduit 9 €)



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mercredi 3 décembre 2014

Exposition Paul Durand Ruel, le pari de l'impressionnisme

Pierre-Auguste Renoir Marie-Thérèse et Jeanne Durand-Ruel 1882 Huile sur toile, 81,3 x 65,4 cm Norfolk, The Chrysler Museum of Art

Les expositions que je visite en ce moment se suivent mais ne se ressemblent pas ! Jusqu'au 8 février prochain, le musée du Luxembourg consacre une exposition à Paul Durand-Ruel, le marchand des Impressionnistes. C'est parti pour la visite !

Il est rare qu'une exposition soit entièrement consacrée aux marchands d'art. Et pourtant, certains ont joué un rôle essentiel dans la connaissance et la reconnaissance de courants artistiques. C'est le cas de Paul Durand-Ruel, qui a consacré sa vie à la mise en lumière des peintres impressionnistes. L'exposition du musée du Luxembourg raconte sa vie, son combat et présente 80 tableaux passés par les mains du célèbre marchand. Ironie de l'histoire, à l'époque des impressionnistes, le musée du Luxembourg était voué aux artistes vivants et a eu bien du mal à accepter les œuvres impressionnistes dans ses collections...

Claude Monet, La Liseuse, 1872, Huile sur toile, 50 x 65 cm, Baltimore, The Walters Art Museum

Le personnage de Paul Durand-Ruel apparait comme paradoxal. D'un côté un père de famille, bourgeois, monarchiste et fervent catholique. D'un autre, un marchand visionnaire qui se bat au quotidien pour défendre une "nouvelle" peinture, bien loin des modèles académiques. Paul Durand-Ruel mettra toute son énergie au service de cette peinture. En 1855, dit-il, les œuvres de Delacroix "m'ouvrirent les yeux et me fortifièrent dans la pensée que je pouvais peut-être, dans mon humble sphère, rendre quelques services aux vrais artistes en m'employant à les faire mieux comprendre et aimer. "

Edgar Degas Le Foyer de la danse de l’Opéra de la rue Peletier 1872 Huile sur toile, 32 x 46 cm Paris, Musée d’Orsay

Exilé en Angleterre pendant la Commune, c'est à Londres que Paul Durand-Ruel fait la connaissance de Claude Monet et de Camille Pissaro. Il leur achète alors quelques toiles qu'il expose dans sa galerie temporaire londonienne. L'exposition retrace la passion et le combat du marchand, de la découverte du mouvement et des premiers achats à la consécration de l'Impressionnisme au début du XXème siècle. Les photos de son appartement de la rue de Rome, dans lequel il invitait amis et clients et surnommé à l'époque "petit musée de l'impressionnisme" laissent rêveur.

Les tableaux présentés viennent de musées et de collections particulières du Monde entier (France, Etats Unis, Angleterre, Suisse, Irlande), illustrant ainsi la volonté de Durand-Ruel de conquérir de nouveaux marchés et de parvenir à une reconnaissance internationale de l'Impressionnisme. L'exposition nous donne donc l'occasion de voir exceptionnellement réunis certains tableaux de Monet et de Renoir. Je pense notamment à trois tableaux de Monet de la série "Les peupliers" ou les trois danses de Renoir qui clôturent l'exposition en beauté.

Pierre-Auguste Renoir - Danse à la campagne et danse à la ville - musee d'Orsay

Le mérite de l'exposition, c'est aussi de mettre en lumière le rôle que Paul Durand-Ruel a joué dans l'histoire du marché de l'art moderne. Certains cartels retracent le mouvement des œuvres présentées qui ont, pour certaines été achetées jusqu'à trois fois par le marchand ! C'est le cas du tableau de Degas "Le Défilé" vendu 1 000 francs en 1874 à un collectionneur, racheté quelques années plus tard à ce même collectionneur 10 000 francs et revendu la même année pour 30 000 francs (tableau ci-dessous).

Edgar Degas Le Défilé entre 1866 et 1868 Huile sur papier marouflé sur toile, 46 x 61 cm Paris, Musée d’Orsay

Au cours de sa vie, Paul Durand-Ruel aura acheté pas moins de 1 500 Renoir, 1 000 Monet, 800 Pissaro et près de 400 Degas, Sisley ou encore Berthe Morisot.* Je vous laisse imaginer tous les trésors qui sont passés entre ses mains !

Pierre-Auguste Renoir Fin de déjeuner 1879 Huile sur toile, 100,5 x 81,3 cm Franckfort-sur-le-Main, Städel museum

Je parle beaucoup d'expositions en ce moment sur le blog, j'espère que ça ne vous dérange pas ! Il faut dire que la météo est plus propice aux visites d'expos qu'aux balades dans Paris ou escapades ;)

Infos pratiques :
Exposition Paul Durand Ruel, le pari de l'Impressionnisme
Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6
Jusqu'au 8 février 2015
Du 9 octobre 2014 au  8 février 2015
Tarif plein : 13,50 € (tarif réduit : 9 €)
*Source  : le catalogue de l'exposition : Paul Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme, ouvrage collectif sous la direction scientifique de Sylvie PATRY, 2014.
 
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vendredi 21 novembre 2014

Le nouveau musée Picasso

Musee Picasso - Paris

Après 5 années de travaux de rénovation, le musée Picasso a rouvert ses portes au public le 25 octobre dernier. La plus grande collection publique au Monde de l’œuvre de l'artiste y est présentée.

Depuis l'annonce de la date de son inauguration, j'étais impatiente de découvrir le musée Picasso et son impressionnante collection qui compte plus de 5 000 œuvres ! Si vous me suivez sur Instagram, vous savez déjà que j'ai énormément apprécié ma visite. Car tout m'a plu, absolument tout : l'hôtel Salé qui abrite le musée, la collection fabuleuse des œuvres de Picasso, la scénographie lumineuse et épurée et la collection d’œuvres de maîtres anciens ou contemporains qu'avait rassemblée Picasso lui-même.

L'Hôtel Salé, écrin de la collection Picasso


Dès l'entrée dans l'enceinte du Musée, j'ai été très impressionnée par la beauté des lieux. L'Hôtel Salé a été édifié au XVIIème siècle dans le quartier du Marais. J'ai attendu une bonne heure avant de pouvoir entrer dans le musée à cause de la forte affluence de visiteurs, j'ai eu donc le temps d'admirer les façades et leurs frontons sculptés. A l'intérieur, l'émerveillement continu, des caves voûtées, à la très belle charpente des combles en passant par le grand escalier qui relie les différents niveaux. Le bonus ? la très jolie vue sur Paris, Beaubourg et la Tour Eiffel depuis le dernier étage.

Musee Picasso - Paris
Musee Picasso - ParisMusee Picasso - Paris
Musee Picasso - Paris
Musee Picasso - Paris

Une impressionnante collection


La collection, constituée en grande partie grâce aux dations* de la famille Picasso, est très impressionnante également. La rénovation du musée a permis de tripler l'espace d'exposition. Tableaux, dessins, sculptures, papiers collés, tôles découpées et peintes...toute la diversité de l’œuvre de l'artiste est représentée. Le parcours de visite est à la fois thématique et chronologique et présente des œuvres réalisées à partir de 1895 jusqu'au décès de Picasso en 1972. La prise de photos est autorisée dans le musée, je peux donc vous présenter ici quelques uns de mes tableaux préférés. Il y a d'abord les autoportraits et le tableau La Célestine qui fait partie de la période bleue. Je suis restée un long moment devant La flûte de Pan et sa très belle mise en valeur sur le palier du premier étage (photo en haut du billet). J'ai beaucoup aimé aussi Paulo en Arlequin, le portrait très coloré de Dora Mar et l'émouvant portrait de famille Claude dessinant, Françoise et Paloma.

Musee Picasso - Paris - autoportrait
Musee Picasso - Paris - La Celestine
Musee Picasso - Paris
Musee Picasso - Paris

Musee Picasso - Paris - Paulo en ArlequinMusee Picasso - Paris - Dora Mar
Musee Picasso - Paris
Musee Picasso - Paris - portrait de Francoise
Musee Picasso - Paris

Dans les caves voûtées de l'Hôtel Salé, les différents ateliers et lieux de création de Picasso sont mis en valeur (le bateau -lavoir, l'atelier des Grands-Augustins ou le château de Vauvenarges) par la présentation d’œuvres mais aussi de photos comme cette série prise par Dora Mar qui montre les étapes de la création de Guernica.

Musee Picasso - Paris - Guernica

Picasso collectionneur


Picasso possédait une importante collection d’œuvres d'art, constituée grâce à des échanges avec certains de ses amis peintres (Derain, Matisse, Braque...) mais aussi par des achats de tableaux de peintres plus anciens qu'il admirait. Une partie de cette collection est présentée au dernier étage, dans les combles. Ce sont des Degas, Gauguin, Modigliani, Renoir et Cézanne qui sont sur les murs et mis en confrontation avec certaines œuvres de Picasso. Le musée possède plusieurs tableaux de Cézanne pour lequel l'artiste avait une grande admiration. En 1959, lorsqu'il s'installe dans le château de Vauvenargues, au pied de la Sainte Victoire si chère au peintre aixois, il déclarera "J'habite chez Cézanne". 

Musee Picasso - Paris - Cezanne
Musee Picasso - Paris - Degas

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé cette visite et je ne peux que vous encourager à aller découvrir ce nouveau musée Picasso. Il y a beaucoup de monde mais les salles sont spacieuses et j'ai réellement bien profité de ce moment.

Dans le hall du musée, j'ai eu un vrai coup de cœur pour cet ensemble de photos de Picasso, prises par le photographe américain David Douglas Duncan. On y voit un Picasso au travail devant son chevalet, dans sa baignoire, appliqué un pinceau à la main ou posant avec un regard malicieux.

Musee Picasso - Paris

Pour finir, une petite phrase de Picasso que j'aime beaucoup :  

"Il m'a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant."


5 rue de Thorigny - Paris 3
Tarif plein : 11 €
Métro : Saint-Sébastien Froissart (ligne 8) ou Saint-Paul (ligne 1)
Bonus :  pour en savoir un peu plus sur les débuts de l'artiste, je vous invite à lire la BD Pablo de Julie Birmant et Clément Oubrerie.

* La dation est un mode de paiement exceptionnel qui permet de s'acquitter d'une dette fiscale par la remise d'œuvres d'art, livres, objets de collection, documents, de haute valeur artistique ou historique. 

PS : désolée pour la qualité de certaines photos mais les différentes sources de lumière du musée rendent les prises de clichés difficiles...


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